Virage jeunesse

  |  Manon Gilbert  |  Radio-Canada
Pierre Lafontaine Pierre Lafontaine   © AFP/RICHARD A. BROOKS

À mi-chemin des sélections olympiques canadiennes de natation, force est de constater que le chef de la direction et entraîneur-chef de Natation Canada, Pierre Lafontaine, avait raison.

Après trois jours, les jeunes représentent la majeure partie de l'équipe nationale qui prendra part aux Jeux de Pékin. Sur les 20 athlètes déjà qualifiés, la moitié ont 20 ans et moins, 15 d'entre eux vivront leur baptême olympique en Chine.

L'équipe nationale qui représentera le Canada aux Jeux olympiques de Pékin sera jeune.

Des 20 athlètes déjà sélectionnés, 8 ont moins de 20 ans et 15 vivront leur baptême olympique, dont les 10 filles qualifiées. En comparaison, à Athènes il y a 4 ans, seulement 2 nageurs avaient moins de 20 ans.

La cadette, la Britanno-Colombienne Savannah King, n'a que 15 ans!

Pas de pression donc pour ces petits nouveaux, contrairement à ceux qui ont déjà raté les jeux auparavant et pour qui ces sélections représentent les jeux de la dernière chance.

Évidemment, il ne faut pas s'attendre à une razzia de médailles en Chine. Les espoirs sont plutôt minces, hormis le relais 4 x 200 m libre masculin, déjà médaillé d'argent aux mondiaux 2005 et de bronze deux ans plus tard, et le relais 4 x 100 m libre, également médaillé d'argent à Montréal en 2005.

« On doit avoir beaucoup plus de finalistes. En 2004, je pense qu'on en avait 5 ou 6 (5, dont 3 pour des relais). Si on ne rentre pas en finale, on n'est même pas dans le jeu. La première étape, c'est de faire 2 à 3 fois plus de finales qu'en 2004. Après ça, ce sera d'aller chercher des médailles », soutient Lafontaine, qui est aussi l'ancien entraîneur-chef du centre national d'entraînement australien.

Depuis l'arrivée de Lafontaine à la tête de Natation Canada en 2005, l'objectif a toujours été clair: les Jeux de 2012. Mais depuis trois ans, les nageurs canadiens progressent.

« Ça faisait longtemps au Canada qu'on n'avait pas eu deux nageurs par épreuve qui font le standard A », confie Lafontaine.

À 8 reprises depuis le début des sélections, mardi, le Canada a qualifié un maximum de deux nageurs par épreuve. Même qu'au 200 m libre masculin, les 4 premiers ont réussi le standard A. Du jamais vu!

Miser sur la nouvelle génération

Le centre aquatique des Jeux de Londres Le centre aquatique des Jeux de Londres

Lafontaine ne s'arrête pas qu'aux meilleurs. Il veut aussi que ceux qui terminent 7e ou 8e en viennent à pousser les premiers.

C'est pour cette raison que le vent de changement prendra encore quelques années.

« Tu ne fais pas tourner un paquebot sur un dix cents. Ce ne sont pas les athlètes qu'on a présentement dans l'eau au niveau international qui vont faire la plus grande différence, c'est la nouvelle génération qui commence qui va faire la différence dans 4-5 ans », explique-t-il.

Une nouvelle génération qui bénéficie d'un meilleur système: des camps d'entraînement réguliers qui regroupent les meilleurs de chaque discipline, des entraîneurs qui se parlent au lieu de travailler en vase clos.

D'ici Pékin, Lafontaine confirme qu'il reste amplement de temps pour que ses jeunes nageurs améliorent leur technique. Et qui sait si l'un d'entre eux ne causera pas la surprise des jeux?

« Être jeune, ça ne veut pas dire que tu ne peux pas gagner. Être jeune, ça veut dire que tu n'as pas froid aux yeux, que tu n'as pas un bagage de mémoire qui te dit: "Ah!, lui, je ne peux pas le battre." Tu n'as rien à perdre quand tu es jeune. »

Seulement tout à gagner... en prévision de Londres, en 2012.