Chanelle Charron-Watson
« C'était ma dernière chance ce soir et j'ai perdu. »
Les essais olympiques désastreux de Chanelle Charron-Watson se poursuivent. Elle termine 8e du 200 m libre et ses espoirs de se rendre à Pékin s'envolent.
C'est en ces mots que Chanelle Charron-Watson a résumé sa deuxième contre-performance de suite, jeudi, aux essais olympiques canadiens de natation à Montréal.
Pourtant, elle était tellement considérée comme une valeur sûre pour Pékin que son nom figurait sur la liste des meilleurs espoirs de Natation Canada aux fins des portraits d'athlètes de Radio-Canada. Mauvais présage?
Toujours est-il qu'après sa catastrophique 8e et dernière place en finale du 200 m libre à la piscine du Parc olympique, la nageuse de Gatineau a pris son courage à deux mains pour affronter les nombreux journalistes qui l'attendaient.
« Je me mettais beaucoup de pression parce que je voulais vraiment faire l'équipe et je savais que c'était ma dernière chance ce soir », a-t-elle confié après quelques longueurs de récupération.
Et cette pression lui a joué un mauvais tour. Au lieu de rester détendue dans son accélération dans les derniers 100 mètres, la Québécoise de 23 ans a crispé.
« Des fois, il n'y a rien à comprendre. La pression arrive, te tombe dessus et ton corps réagit, fige. Pourquoi? Ça va être à moi de faire l'analyse pour savoir ce qui s'est passé et pour ne pas juste tourner la page et blâmer ça sur quelqu'un.
« C'est moi. Je vais faire la réflexion là-dessus pour retirer du positif parce que garder un goût amer comme ça pour le restant de ma vie, ça ne m'intéresse pas », a affirmé la future avocate, tout en refoulant ses sanglots.
Mieux rebondir
Déçue de ses performances aux essais, Charron-Watson a décidé de renoncer au 800 m libre. Elle tentera sa dernière chance samedi au 100 m libre, mais avec peu d'illusions. Après tout, elle s'entraînait pour les 200 et 400. Mais au moins, cette fois, elle n'aura rien à perdre.
Mercredi, la nageuse du club Rouge et Or de l'Université Laval a signé son deuxième temps à vie au 400 m libre, mais elle n'a pu réussir mieux que la 4e place. Elle assure cependant que cette première déception ne l'a pas affectée aujourd'hui.
« Je rebondis, j'ai une bonne capacité de résilience dans tous les aspects de ma vie. »
Rebondir, Charron-Watson connaît bien la signification de ce mot. En un peu plus d'un an, elle encaisse un autre dur coup.
Deux jours après avoir récolté ses trois premiers titres nationaux en juillet 2006, elle apprenait le suicide de son copain. Au lieu de s'envoler vers Vancouver pour les sélections en vue des Championnats du monde aquatiques de Melbourne, elle avait décidé de vivre son deuil au Québec.
Charron-Watson devra donc attendre avant de vivre sa première grande compétition internationale. Pour l'instant, elle ne parle pas d'entamer un quatrième cycle olympique, mais elle n'envisage pas d'abandonner son sport pour autant.
« C'est dans ces moments-là que c'est important de savoir pourquoi tu nages parce que ça fait mal. Si tu ne le fais pas pour les bonnes raisons, ça fait encore plus mal. J'adore nager et j'ai adoré m'entraîner cette année. Je n'arrête pas là. Je vais continuer, je vais m'en remettre. »
Que peut-on lui souhaiter de plus?