Couple olympique

  |  Manon Gilbert  |  Radio-Canada
Geneviève Saumur Geneviève Saumur   © PC/Jacques Boissinot

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Geneviève Saumur et Chanelle Charron-Watson tentaient toutes les deux d'obtenir leur billet pour Pékin, jeudi, aux essais olympiques canadiens de natation.

Geneviève Saumur se qualifie pour le 200 m libre, tandis que son copain Mathieu Bois ajoute une autre épreuve à son palmarès avec le 200 m papillon. Par contre, Chanelle Charron-Watson échoue une nouvelle fois.

Les deux filles s'affrontaient lors de la finale du 200 m libre, une finale relevée à saveur hautement québécoise.

Partie comme une bombe, Charron-Watson a cassé après 25 m pour voir Saumur et toutes ses autres rivales la remonter une à une.

Saumur, elle, a maintenu la cadence. La Montréalaise s'est fait souffler la victoire par l'Ontarienne Julia Wilkinson qui a, du même coup, battu le record canadien détenu par Sophie Simard depuis 2005.

Avec un chrono de 1 min 58 s 73/100, Wilkinson, qualifiée la veille au 100 m dos, a devancé Saumur par 49 centièmes de seconde. Charron-Watson, elle, a dû se contenter du 8e et dernier rang.

« C'est génial, j'ai fait l'équipe. Dès le départ, je me disais: il faut que je sois en avant. Si je suis en avant, ça va rouler tout seul. J'étais dans le piton et je me disais: mautadit, Julia ne va pas me rattraper », a déclaré Saumur, comblée.

« Je savais qu'elle était rapide. Je nage contre elle depuis que j'ai 10 ans. Lors du dernier virage, je l'ai vue et je me suis dit: parfait, je pense que je peux la rejoindre. J'ai ouvert la machine pour voir ce que je pouvais faire et heureusement, ça a tourné à mon avantage... mais ça ne sera peut-être pas toujours comme ça », a expliqué Wilkinson à qui son père a promis sa Lexus si elle gagnait une médaille aux jeux.

« Juste d'imaginer le visage de mon père si ça se produit, c'est encore plus motivant que les 50 000 $ promis par Natation Canada pour une médaille d'or. Je vais motiver les autres filles parce que ma voiture est juste bonne pour la ferraille », a ajouté Wilkinson en riant.

Troisième de l'épreuve, la Québécoise Stephanie Horner, qui a obtenu son laissez-passer olympique mercredi au 400 m libre, et la 4e Erica Morningstar, nouvelle qualifiée, se joindront aux deux premières pour le relais 4 x 200 m libre.

Les filles seront en terrain connu, puisqu'elles s'entraînent ensemble depuis trois ans. Mais ce sera un relais jeune, avec des nageuses de 19 et 20 ans.

Caroline Murray, la quatrième Québécoise de cette finale, a pris le 6e rang.

Rivalité grandissante

Mathieu Bois Mathieu Bois   © PC/David Boily

Au 200 m brasse, Mike Brown et Mathieu Bois ont de nouveau laissé leurs rivaux en plan comme lors du 100 m, mardi.

Comme lors des préliminaires en matinée, le vétéran Brown a eu le dessus sur son jeune dauphin.

L'Albertain s'est même permis d'améliorer son propre record canadien de 1,73 s en arrêtant le chrono à 2:11,01. Bois, lui, a peut-être terminé 2e (2:12,75), mais il a offert toute une performance en battant sa marque personnelle de 2,39 s.

« Tous mes objectifs sont atteints et mieux. Je suis 100 % satisfait. Si je m'étais seulement qualifié pour le 100 m, ça m'aurait laissé un petit goût amer », a affirmé Bois.

Participant à la dernière finale de la soirée, l'athlète de Saint-Hubert n'a cependant pas suivi la course de sa copine Geneviève Saumur.

« J'évite le plus possible les distractions extérieures. Si elle ne l'avait pas fait, ça m'aurait rendu triste. Je me suis caché un peu pour ne pas regarder », a avoué Bois.

Duel passionnant

Jake Tapp Jake Tapp   © PC/Paul Chiasson

En ouverture de la soirée, Jake Tapp et Rob Taylor se sont livré un éprouvant duel pour déterminer lequel des deux représenterait le pays à Pékin.

La veille, en finale du 100 m dos, les deux nageurs avaient terminé ex æquo au 1er rang, mais sans réussir le standard A qui aurait permis à Natation Canada de les envoyer tous les deux en Chine.

Finalement, au terme d'une course passionnante, Tapp a devancé son aîné.

« Je n'ai pas pu dormir hier soir. J'ai essayé de faire une sieste cet après-midi et j'en étais incapable. Je tremblais et je n'arrêtais pas de penser, si je gagne, si je perds, qu'est-ce qui arrivera? Je ne pourrais pas être plus heureux avec le résultat. »

Et puis au 200 m papillon, l'Albertain Adam Sioui a été le seul obtenir sa place pour Pékin. Il a dominé la course devant le Québécois Tobias Oriwol, en plus de battre un record canadien vieux de huit ans avec un temps de 1:57,98.

À ses troisièmes essais olympiques, Sioui a enfin obtenu ce qu'il souhaitait depuis huit ans. La veille, il s'était qualifié au relais 4 x 100 m libre, mais il tenait à se distinguer dans une épreuve individuelle.

C'est maintenant chose faite.