Audrey Lacroix
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PC/Andre Ringuette
Audrey Lacroix a facilement trouvé le sommeil après sa performance en ouverture des essais olympiques canadiens de natation, mardi.
Audrey Lacroix a mûri ces dernières années. Elle ne se voit plus comme une nageuse qui essaie de se classer sur l'équipe nationale, mais comme une fille qui peut rivaliser avec les meilleures au monde.
Après avoir raté sa qualification aux Jeux olympiques de 2000 et 2004, la Québécoise de 24 ans s'est assurée d'une participation à Pékin en gagnant la finale du 100 m papillon.
« Il y a un poids de moins. J'ai déjà mon nom sur l'équipe. Il me reste juste à faire une bonne course au 200 m papillon, c'est ma meilleure épreuve », avoue l'athlète originaire de Pont-Rouge.
Pourtant, il y a six semaines, lors de la conférence de presse pour les essais olympiques, Lacroix s'attendait à mieux respirer à l'issue du 200 m, pas du 100 m.
Et pour cause, la dernière fois qu'elle avait réussi à descendre sous la barre du standard A (59,35 s) de la Fédération internationale de natation (FINA), c'était en mars 2006 (58,89 s).
Mardi, Lacroix a échoué à 12 centièmes de seconde du standard A. Mais, en gagnant la finale, elle n'avait qu'à réussir le standard B (1:01,43). Mission accomplie donc, avec en prime une dose de confiance pour le 200 m papillon de vendredi.
« D'après ce que j'ai fait hier au 100 m, je vais faire encore mieux vendredi. »
Améliorer le 100 pour faire profiter le 200
À Pékin, Lacroix favorisera évidemment le 200 m papillon, sa distance de prédilection. Mais pas question d'être figurante au 100 m, même si elle sait très bien qu'elle n'arrivera pas en quelques mois à flirter avec les 57 secondes, chrono prévisible pour atteindre la finale.
Sauf qu'en améliorant son 100 m, elle en bénéficiera sur 200.
« Je dois améliorer mon départ et mes coulées sous l'eau. C'est un peu moins important pour le 200 m, mais à ce niveau-là, tous les petits dixièmes qu'on peut aller chercher, il faut en profiter », confie-t-elle entre deux entraînements.
Une longueur d'avance
En 2007, Lacroix a vraiment pris sa place sur la scène internationale. Cinquième aux Championnats du monde aquatiques, avec en prime le meilleur chrono lors des préliminaires, une médaille d'or à la Coupe du monde de Suède, une de bronze aux Universiades, l'étudiante en communications et politique à l'Université de Montréal croit maintenant en ses moyens.
« Après les championnats, ça m'a donné un boost de confiance. Maintenant, quand je me retrouve en compétitions internationales, que ce soit contre d'anciennes championnes olympiques, des filles qui ont déjà eu des records du monde, je crois que je peux les battre. Maintenant, je me vois égale aux autres, à la place de leur donner psychologiquement une petite longueur d'avance. Je suis maintenant une nageuse internationale, pas seulement une nageuse qui essaie de se classer sur les équipes nationales. »
Ces mondiaux de Melbourne ont été plus que profitables pour Lacroix. La menue nageuse, souvent déconcentrée par les performances de ses adversaires, a beaucoup gagné en expérience en apprenant à gérer ses courses.
« J'ai beaucoup travaillé sur ma stratégie. Il y en a qui sont parties très fortes. Je suis restée calme et je pense que mon dernier 50 m était le 3e meilleur de la compétition. Revenir fort, c'est ça ma force. Je dois utiliser mes atouts dans le fond. »
Et pour Pékin, Lacroix ne parle plus désormais que de finale.
« Je crois sincèrement que les huit filles en finale ont une chance de médaille, même de médaille d'or. Il faut se tailler une place dans les huit, après ça, tout est possible.
En effet, parce que ce n'est pas seulement dans la piscine que ça se passe, mais aussi dans la tête.