Les soeurs Geneviève et Annie Dumas
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Maïenga
FOUM-ZGUID - Ça y est. Après huit jours à bourlinguer dans le désert marocain, les gazelles ont franchi, pour une dernière fois jeudi, la ligne d'arrivée. Toutes le sourire aux lèvres, mais pour diverses raisons. Pour certaines, la fierté d'être allées au bout de leur rêve, pour d'autres, la galère étant enfin terminée.
Ça y est. Après huit jours à bourlinguer dans le désert marocain, les gazelles ont franchi, pour une dernière fois jeudi, la ligne d'arrivée.
Faut dire que les deux étapes marathon coup sur coup ne leur ont guère donné le temps de se reposer et de se remettre de leurs émotions. Surtout que cette sixième étape de 195 km comportait un passage dans les dunes de Mahmid, redoutées pour leurs fréquentes tempêtes de sable et pour leurs avers péniblement franchissables.
Par contre, les filles pouvaient choisir leur niveau de difficulté après les balises 2. Sans point de repère, les dunes ayant toute la même forme et la même hauteur, et épuisées par les longues heures de recherche, la plupart d'entre elles ont choisi de contourner les pics de sable pour le reste du parcours.
Sauf que pour obtenir le maximum de points, il fallait foncer tête première dans le sable. Ce qu'ont fait les meneuses, dont les gagnantes, les Françaises Corentine Quiniou et Florence Bourgnon, et leurs plus proches rivales et deuxièmes, leurs compatriotes Carole Montillet et Mélanie Suchet.
Les Québécoises Geneviève et Annie Dumas et Debra Turpin et Nicole Vachon ont également tenté le grand coup. D'ailleurs, ces dernières ont profité de l'expérience des deux soeurs, 14es au classement final, puisque dans les dunes, quelques équipes peuvent se suivre.
« Nous étions dans les dernières, donc on va monter au classement. Ça a été notre meilleure étape du rallye », affirme Debbie, contente d'avoir fait les dunes les plus dures.
Plus peur de la neige que du sable
Les soeurs Latour
Craintive dans une tempête de neige, Geneviève a vaincu ses peurs pour se payer l'un des plus beaux « trips » de sa vie.
« C'est une belle expérience, ça fait trois ans que je le vis dans ma tête. J'étais tellement bien préparée. Mais je ne pensais pas qu'il fallait autant que j'aille au bout de ma fatigue », lance-t-elle une fois le rallye terminé.
D'ailleurs, il ne faudrait pas s'étonner de voir les deux soeurs repartir l'an prochain, tellement Annie était fière de Geneviève. « Elle a appris en une journée ce que des équipes mettent à apprendre en trois ans. »
Si les soeurs Dumas songent déjà à un nouveau départ, cette fois pour la victoire, ce n'est pas le cas de la plupart des équipages.
Parties du Québec avec l'objectif de terminer parmi les dix premières, les Latour ont révisé leurs attentes à la baisse après deux jours. Revenir en bonne santé et rapporter le camion en bon état étaient devenus leurs principaux objectifs.
« C'est une expérience enrichissante sur le plan personnel, surtout que je l'ai fait avec ma soeur. Ça a été plus difficile que je pensais, mais au moins, j'ai atteint mes objectifs. J'ai appris à conduire un 4 X 4 et à lire une boussole. Pour ce qui est de le refaire l'an prochain, donnez-moi un mois pour y penser », confie Geneviève Latour, le visage rougi par la fatigue et la chaleur.
Enfin la fin
Renée-Claude Lafontaine et Doryne Bourque
Pourtant mieux préparées que la moyenne, Renée-Claude Lafontaine et Doryne Bourque ne cachaient pas leur satisfaction de voir leur aventure terminée. La dernière étape n'ayant pas été de tout repos pour les deux quads québécois.
En route vers la balise 4 X, sur le parcours difficile, Renée-Claude a accroché sa gâchette de gaz sur le haut d'une dune. Résultat: elle s'est retrouvée dans les airs, le quad atterrissant sur sa nuque. Heureusement sans gravité, si ce n'est quelques raideurs.
Toutefois, elles ont rebroussé chemin pour mettre le cap sur une balise plus facile, avant de s'élancer de plus belle sur le parcours X au petit matin.
« Je pense que je vais passer la semaine à Agadir avec mon chum. J'en ai soupé du désert », avoue Renée-Claude. « Si mon chum n'était pas venu me rejoindre, j'aurais pris l'avion pour Montréal », renchérit Doryne.
Troisièmes au classement des quads, les deux filles espéraient meilleurs résultats. Mais la réalité du désert les a vite rattrapées.
« C'est tout un défi. C'est beaucoup plus difficile que je pensais. Ma fille de 16 ans voulait le faire avec moi dans deux ans et pendant tout le rallye, je me suis dit: « Non, je ne l'emmènerai pas ici, elle est trop jeune, même à 18 ans, » raconte Doryne.
Malgré les sentiments partagés, les filles peuvent dire mission accomplie. Et comme le dit si bien Doryne: « Finir le rallye, c'est gagner. »