
Athlétisme

Photo: PC/Ryan Remiorz
Anson Henry et Nicolas Macrozonaris lors des Championnats canadiens à Victoria en 2004
Nicolas Macrozonaris et Anson Henry n'abdiquent pas. Radio-Canada.ca a obtenu copie des documents qui appuient le deuxième appel des sprinteurs. En octobre, Athlétisme Canada a privé les deux athlètes de leur brevet international.
Après un premier appel rejeté, les deux athlètes reviennent à la charge et répliquent à leur Fédération avec des chiffres, des documents et des arguments.
Le cas Macrozonaris
Macrozonaris réclame désormais uniquement l'obtention d'un brevet médical.
Dans un premier temps, Athlétisme Canada a justifié son annulation du brevet par le déclin des performances du Québécois depuis 2003. Le fait est indéniable, il a couru le 100 m en 10,03 en 2003, puis en 10,40 s en 2005.
La défense de Macrozonaris est claire. Il n'est pas le seul dans cette situation et il donne un exemple précis: les temps de Pierre Browne sont aussi en constante régression depuis 2002 (de 10,12 s à 10,27 s). Pourtant, Browne a reçu un brevet senior. Pourquoi Macrozonaris est-il le seul à être puni à cause du déclin de ses performances?
Dans son plaidoyer, Macrozonaris utilise aussi la table Bouchard-Mercier, qui sert à comparer entre elles, en valeur absolue, des performances réalisées dans des épreuves différentes. Le verdict est sans appel: malgré un très petit nombre de courses cette saison, le sprinteur québécois a éclipsé quatre autres athlètes qui ont obtenu un brevet médical!
Qui dit vrai?
Macrozonaris, constamment blessé la saison dernière, a aussi demandé un brevet médical, à défaut d'un brevet international. Il ne comprend pas que cette requête lui ait aussi été refusée. Athlétisme Canada affirme n'avoir jamais été mis au courant des blessures du sprinteur, une exigence pour l'attribution d'un brevet médical.
Macrozonaris rappelle que deux personnes impliquées dans son entraînement ont confirmé en avoir été informées. L'athlète a même reçu des traitements de physiothérapie au Centre national d'entraînement de Montréal... en utilisant les assurances de la fédération sportive. Son absence aux camps d'entraînement du relais, dont il est membre lors des grands rendez-vous, est également révélatrice, selon lui.
Athlétisme Canada a ensuite avancé que Macrozonaris n'avait pas soumis son programme d'entraînement pour la saison à venir. Des documents démontrent toutefois qu'un dirigeant de la fédération a accusé réception du programme d'entraînement en même temps que la demande de brevet, il y a quelques mois. Radio-Canada.ca a obtenu copie de ce programme.
Sans compter que Hank Palmer, breveté senior, aurait soumis son programme d'entraînement en même temps que Macrozonaris!
Henry dans le même bateau
Le spécialiste ontarien du 100 m, Anson Henry, s'est également vu refuser son brevet senior. Les raisons? Des performances décevantes et un calendrier d'entraînement inconnu.
Or, Nicole Stevenson, Megan Metcalfe et James Steacy, tous trois brevetés seniors, ont réussi moins de performances au-delà des standards que Henry la saison dernière. Un examen des résultats des quatre athlètes révèle aussi que seul Henry a vu ses temps s'améliorer depuis 2003! Pour ce qui est du calendrier d'entraînement inexistant, l'athlète maintient qu'un haut dirigeant d'Athlétisme Canada a reçu les documents exigés.
Un gagnant et un perdant
Une chose est sûre: le résultat de ces appels est à suivre avec attention. S'ils sont rejetés, les deux coureurs seront éloignés de leurs 100 m pendant un bon bout de temps, bien malgré eux. En revanche, une décision favorable à Macrozonaris et à Henry forcera Athlétisme Canada à leur faire de la place... en annulant le brevet d'un autre athlète.
Dans tous les cas, devant le jury comme sur la piste, il y aura un gagnant et un perdant.
JeanFrancois_tremblay@radio-canada.ca
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