L'Inde suspendue

ciosiegelausanne Le siège social du CIO  Photo :  AFP/FABRICE COFFRINI

Le Comité international olympique (CIO) a décidé de suspendre indéfiniment l'Inde, après avoir jugé que ce pays ne respectait pas la charte olympique dans son processus d'élection.

Les élections du Comité olympique indien (IOA) étaient prévues mercredi, mais il y a eu ingérence du gouvernement, a constaté le CIO.

La suspension est d'une durée indéterminée.

Le 24 novembre, le CIO s'était inquiété de l'ingérence du gouvernement indien dans le processus électoral. Il avait informé par courrier l'IOA qu'il allait proposer sa suspension lors de la prochaine réunion du comité exécutif « si la situation actuelle n'était pas rectifiée ».

« Depuis plus de deux ans, le CIO a exprimé ses plus vives préoccupations concernant l'ingérence du gouvernement dans le processus d'élection du Comité national olympique indien », pouvait-on lire dans le texte.

Le comité exécutif du CIO est en séance de travail à Lausanne mardi et mercredi.

« Cette sanction est injustifiée et cette décision unilatérale, a dit à l'agence AFP Abhey Singh Chautala, qui devrait être élu à la présidence de l'IOA.

« Le président par intérim avait écrit au CIO, qui n'a pas répondu. J'ai aussi écrit un courrier disant que nous allions envoyer deux membres pour leur expliquer la situation, a-t-il précisé. Et nous avons demandé un rendez-vous. Là encore, on n'a pas eu de réponse. »

Selon l'Associated Press, l'Inde n'a pas réussi à convaincre le CIO qu'elle était capable d'organiser des élections selon les règles olympiques.

Le Comité olympique indien doit remplacer l'ancien président Suresh Kalmadi, condamné à la prison pour corruption lors des Jeux du Commonwealth en 2010 à New Delhi.

La suspension a des conséquences : l'Inde ne recevra plus l'aide financière du CIO, les athlètes indiens ne pourront plus représenter leur pays dans les événements olympiques et les membres du comité olympique indien ne pourront assister aux réunions de travail.

Les athlètes touchés

La boxeuse Mary Kom, qui a remporté une médaille de bronze aux Jeux de Londres (poids mouche), s'est dite « bouleversée ».

« Je ne sais pas qui est responsable de tout ça, mais ce sont les athlètes qui vont en payer le prix fort si tout ne s'arrange pas rapidement », a-t-elle dit.

Selon l'AP, l'Inde ne croyait pas que le CIO irait jusque-là. Le ministre des Sports de l'Inde Jitenra Singh regrette la décision du CIO.