Le retour des héros

Le reportage d'Antoine Deshaies

Plusieurs athlètes olympiques québécois, dont Joannie Rochette, sont arrivés à l'aéroport de Montréal lundi.

Joannie Rochette et Jasey-Jay Anderson sont au nombre des athlètes québécois de retour à Montréal.

Rochette, médaillée de bronze au concours féminin de patinage artistique, a d'ailleurs été la première à prendre la parole devant les médias.

« J'ai quitté en pensant que j'allais à la guerre, mais la bataille a été infiniment plus ardue que prévu, a commenté la Québécoise. Malgré l'ardeur de la bataille, je l'ai gagnée. J'ai atteint mon objectif. »

Rochette a également demandé aux médias de respecter sa vie privée pour lui permettre de vivre le deuil de sa mère cette semaine.

« Sa mort demeure un événement personnel. Je tenais à vivre les JO, mais maintenant, je veux vivre mon deuil en famille, en privé. »

Thérèse Rochette, 55 ans, a succombé à une crise cardiaque à l'hôpital général de Vancouver le 21 février, deux jours avant le programme court féminin.

L'inspiration

La tragédie a engendré un puissant mouvement de sympathie pour Joannie Rochette. Parmi les milliers de mots d'encouragement reçus, un, en particulier, a retenu son attention.

« Une petite fille de 8 ans m'a écrit pour me dire que la même chose lui était arrivée, a raconté la patineuse. Elle m'a dit que le lendemain, elle avait une compétition et qu'elle a gagné une médaille. Je me suis dit que si elle le faisait, j'étais capable. »

Sa médaille de bronze a attiré l'attention du Comité olympique canadien (COC), qui lui a demandé d'être porte-drapeau du Canada à la cérémonie de clôture des Jeux de Vancouver.

Humble, Rochette refuse de laisser l'honneur lui monter à la tête.

« Quand le COC m'a dit qu'il m'a choisie, je me suis demandé si ma médaille de bronze était suffisante. Ils m'ont vite rassurée. »

Le médaillé retraité

Rochette n'était pas seule. Jasey-Jay Anderson était également de retour au Québec.

Le médaillé d'or en slalom géant en parallèle, en surf des neiges, a fait preuve d'une classe sans égal en livrant un bref point de presse d'une quarantaine de secondes. Il a simplement offert ses condoléances à Joannie Rochette, sans revenir sur son propre exploit.

En entrevue à RDI, Anderson a expliqué les attentes qu'il entretenait avant les Jeux.

« Je commençais à m'habituer à la défaite olympique, a-t-il admis. J'ai entamé les Jeux avec aucune attente. Je voulais faire de beaux virages, que l'équipement soit adéquat pour que je fasse mon travail comme il faut. »

Maintenant que sa toute première médaille olympique a finalement été conquise, Anderson peut se retirer en toute sérénité.

« Je suis le père le plus chanceux, le plus heureux au monde. C'est une des raisons pourquoi je prends ma retraite. J'adore ce que je fais, mais être père, c'est irremplaçable. Quand on a la chance d'avoir deux belles petites filles en santé, c'est ce qu'il faut faire. »