Mellisa Hollingsworth
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PC/Jeff McIntosh
Rien ne prédestinait Mellisa Hollingsworth au skeleton.
La vitesse et le risque, Mellisa Hollingsworth adore. Ainsi, le temps de quelques années, elle a délaissé sa monture à quatre pattes pour une autre sur lame afin de réaliser son rêve olympique.
Comme elle a été élevée sur une ferme, les chevaux et les rodéos meublaient ses rêves. Puis, au secondaire, comme plusieurs jeunes de son âge, elle pratiquait des sports d'équipe.
Mais déjà, une graine d'athlète germait. Ses aptitudes sportives l'ont menée au niveau provincial en basketball et en athlétisme, jusqu'au jour où son cousin Ryan Davenport, deux fois champion du monde en skeleton, l'a invitée à descendre la tête première.
Mellisa Hollingsworth
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www.mellisahollingworth.com
« Dès que j'ai essayé, j'ai adoré. Avec la vitesse et le risque, ça ressemble au rodéo. Mais travailler avec un cheval et une luge, c'est quand même différent. Et quand j'ai gagné mon premier championnat canadien, ça a inspiré mon rêve olympique », avoue l'Albertaine de 29 ans.
Même si le succès n'a pas tardé sur les pistes glacées, elle a été sacrée vice-championne du monde en 2000, son rêve a failli tourner au cauchemar quand elle n'a pas été choisie au sein de l'équipe olympique en 2002.
C'est en 2005-2006 qu'elle a connu la consécration dans son sport. Une saison du tonnerre: d'abord sa première victoire en Coupe du monde, sur sa piste de Calgary; des podiums à chacune de ses courses, une première dans l'histoire du sport; évidemment le titre en Coupe du monde, le tout couronné par une médaille de bronze aux Jeux olympiques de Turin.
Sur la même voie qu'en 2006
Contre toute attente, Hollingsworth a surpris ses entraîneurs et coéquipiers quand elle a décidé de faire l'impasse sur la saison suivante.
« Mon but, c'était les Jeux olympiques de Vancouver. Mais ça faisait déjà 10 ans que je faisais de la compétition. J'étais fatiguée, j'avais besoin de repos. Ça a pris beaucoup d'effort pour gagner une médaille olympique pour le Canada. Si j'avais continué après Turin, je peux garantir que j'aurais été brûlée et que je n'aurais pas fait l'équipe les deux saisons suivantes. »
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PC/AP Photo/Lou Reuter
Son retour à la compétition lui a donné raison avec une 3e place au classement de la Coupe du monde. Par contre, la dernière saison n'a pas été à la hauteur de ses attentes malgré quatre podiums.
Après avoir essayé en 2008 une nouvelle luge qu'elle n'a même pas utilisée en compétition, Hollingsworth est retournée à ses anciennes amours, une version 2002 qui a appartenu à son ancienne coéquipière Lindsay Alcock jusqu'en 2005.
Puis, la cow-girl a pris un pari risqué afin de retrouver la touche qui lui a apporté du succès lors de sa saison olympique. À un an des Jeux, elle a changé de préparateur physique et opté pour un spécialiste du skeleton avec des exercices originaux... et à haut risque.
« Nous faisons beaucoup de sprints sur un tapis roulant, en position courbée comme lors de nos départs. Il y en a quelques-uns qui se sont plantés. J'ai vu des coéquipiers chuter, se brûler la peau et se faire éjecter par l'arrière du tapis. Je vais toucher du bois parce que ça ne m'est pas encore arrivé », confie l'une des ambassadrices de Right to Play.
Malgré les risques de blessures, Hollingsworth raffole de ce nouveau régime après 15 ans à se farcir plus ou moins la même routine, surtout que les effets de ce vent de fraîcheur n'ont pas tardé à se faire sentir... Après six Coupes du monde, elle domine le classement grâce à ses cinq podiums, dont deux victoires.
« Cette décision m'a rassurée. J'ai passé l'été à apprendre et ça fait du bien de changer les choses après 15 ans. Je pousse mieux au haut de la piste et je suis en meilleure forme que jamais, soutient la quadruple championne canadienne. Je suis actuellement en avance dans ma préparation qu'il y a quatre ans. »
Retour aux sources
Mellisa Hollingsworth
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PC/Frank Gunn
Bonne nouvelle. Parce que sur la piste de Whistler, la plus rapide du monde, qu'elle connaît comme le fond de sa poche - avantage de la maison oblige -, vaut mieux ne rien laisser au hasard. Dans un sport où toute la puissance, la vitesse et l'énergie du départ doivent se transposer en « attitude zen », la moindre erreur ne pardonne pas.
Ces changements et ses nouvelles capacités athlétiques la propulseront-t-ils de nouveau sur le podium à Vancouver? C'est le but ultime... réaliser un rêve amorcé à l'adolescence.
« Une compétition à la maison devant nos partisans, c'est déjà une expérience incroyable. C'est sûr que tous les athlètes rêvent de se tenir sur la plus haute marche du podium, de voir le drapeau de leur pays hissé et d'entendre leur hymne national et je ferai tout ce que je peux pour vivre ça. »
Son rêve réalisé pourrait l'inciter à mettre un terme à sa carrière. Mais pour l'instant, elle ne sait pas encore ce que son avenir sportif lui réserve. Mais une chose est certaine, une fois sa luge accrochée, un retour aux sources s'imposera.
« J'ai étudié en commerce, en administration, en kinésiologie, mais je me suis rendu compte que ces domaines ne faisaient plus partie de mes champs d'intérêt. Les chevaux font partie de ma vie, alors si je peux trouver quelque chose qui me convient, j'aimerais travailler dans le milieu des chevaux. »
Cow-girl un jour, cow-girl toujours!