Hayley Wickenheiser
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Hayley Wickenheiser est au hockey féminin ce que Wayne Gretzky a été au hockey masculin: la meilleure joueuse de tous les temps.
Hayley Wickenheiser est une pionnière en hockey féminin. Quand la Saskatchewanaise mettra un terme à sa carrière, elle léguera un riche héritage aux jeunes filles qui suivront ses traces.
D'accord, le hockey féminin n'a pas la profondeur et l'histoire de son pendant masculin, mais avec ses 306 points (143 buts et 163 passes) en 205 matchs, l'attaquante transcende sa génération. Elle devance sa plus proche rivale, la retraitée Danielle Goyette, par 88 points.
Wickenheiser est bel et bien consciente que le hockey féminin international ne se résume qu'à quatre pays. Ne lui dites surtout pas par contre que c'est plus facile pour les femmes de gagner l'or aux Jeux olympiques.
« Le sport progresse. Il n'y a pas si longtemps, on disait que c'était l'affaire de deux pays. À Turin, les Suédoises (finalistes) ont prouvé qu'elles pouvaient batailler pour l'or. Chez les hommes, il y a 4 ou 5 pays qui peuvent prétendre à la médaille d'or », affirme la Saskatchewanaise de 31 ans.
Les femmes sont encore loin de la coupe aux lèvres. Du progrès, il en reste beaucoup à accomplir, notamment dans certaines nations de hockey, comme la Russie, qui présentera les Jeux olympiques dans quatre ans. Il faut changer la perception des femmes qui voient encore le hockey comme un sport strictement masculin.
Hayley Wickenheiser
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Mais surtout, selon Wickenheiser, il faut créer, d'ici quelques années, des ligues professionnelles féminines. Des ligues bien structurées, administrativement solides et géographiquement logiques. Et pour appuyer le projet, la hockeyeuse au tir frappé dévastateur ne manque pas d'idées.
« Si la Ligue nationale nous appuyait, ça nous permettrait d'avoir un meilleur produit. Je pense que ça pourrait aider les deux parties, soutient la numéro 22. Une famille de quatre, avec un salaire moyen, peut se payer peut-être un match de la LNH par année. Donc, du hockey féminin de qualité représenterait une option intéressante. »
Une femme parmi les hommes
L'idée peut sembler farfelue, mais Wickenheiser a toujours été une pionnière dans son domaine. Membre de l'équipe nationale de hockey depuis 1993, elle est devenue la première femme à inscrire un but dans une ligue professionnelle masculine. C'était en 2003, en Finlande, au moment où elle jouait pour le HC Salamat.
Loin de son copain et de son fils adoptif Noah, maintenant âgé de 9 ans, elle est rentrée à la maison, à Calgary. Pendant quatre ans, la native de Shaunavon a porté les couleurs de l'Oval X-Treme de Calgary de la Western Women's Hockey League (WWHL).
Wickenheiser avec l'Eskilstuna Linden, en Suède
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Ironiquement, le style de vie européen manquait à cette fille de l'Ouest, mais aussi le style de jeu. Pour s'améliorer, il faut côtoyer meilleur que soi. Alors, pour la meilleure joueuse de la planète, il n'y avait qu'une solution: traverser de nouveau l'Atlantique. Et cette fois, c'est en Suède qu'elle s'est retrouvée, avec l'Eskilstuna Linden, un club de troisième division.
« C'est certain que le niveau est plus élevé. Mais ce que j'aime particulièrement, c'est que quand tu joues avec des hommes, tu dois être concentrée tout le temps, tu n'as pas le droit à l'erreur. Chaque jour, tu dois t'engager. Mais en même temps, l'atmosphère est plus détendue, ça rigole. Avec les filles, c'est plus sérieux. »
En 2008 par contre, la famille a suivi. On dit que derrière chaque grand homme, il y a une grande femme. Dans le cas de Wickensheiser, c'est le contraire. Entraîneur des habiletés pour le Canadien de Montréal et les Panthers de la Floride, Tomas Pacina a mis sa carrière en veilleuse (il a aussi reçu des offres pour entraîner des équipes de la Ligue américaine) pour les intérêts de sa blonde.
« Mes parents m'aident beaucoup. Et puis Tomas aussi. Il adore le hockey, il est entraîneur, il sait ce que c'est. Mais c'est vraiment un gars unique », confie la cousine de feu Doug Wickenheiser, premier choix du Tricolore au repêchage de 1980.
Gagner devant les siens
Année olympique oblige, la capitaine de l'équipe nationale a fait une croix sur l'Europe et elle s'entraîne chez elle à Calgary avec ses coéquipières depuis le mois d'août.
Le but ultime: gagner l'or. Parce que bien qu'elle compte deux titres olympiques (Salt Lake City et Turin, où elle a été chaque fois choisie joueuse la plus utile des JO) et une médaille d'argent (Nagano) à son palmarès, elle n'a jamais savouré une victoire olympique chez elle. Le scénario idéal: affronter les Américaines en finale et évidemment les vaincre...
Wickenheiser (avec le C sur le chandail) lors de la défaite des Canadiennes contre les Américaines au Championnat du monde de 2009.
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Depuis leur victoire à la Coupe des quatre nations en novembre, les Canadiennes ont repris le rythme. Avant ce gain, l'inquiétude planait dans le camp canadien qui avait subi quatre échecs en matchs internationaux contre leurs grandes rivales, dont deux défaites lors des derniers Championnats du monde.
« Nous avons installé un doute dans leur esprit avec cette victoire. Mais elles vont venir pour nous battre à Vancouver parce que nous leur avons fait le coup à Salt Lake City en 2002. Je trouve que c'est une des plus belles rivalités du sport. On se respecte, mais sans plus. Par contre, il va falloir canaliser l'énergie de la foule pour ne pas se laisser déconcentrer », souligne celle qui a aussi porté les couleurs canadiennes en softball aux Jeux olympiques de Sydney, en 2000.
Peu importe le résultat le 25 février, Wickenheiser renouera avec sa vie normale, celle de maman, d'étudiante au baccalauréat en sciences à l'Université de Calgary, d'ambassadrice pour diverses causes humanitaires et d'athlète.
À 31 ans, la retraite n'est encore qu'un lointain mirage, même si le lever du corps est parfois plus difficile. Tant qu'elle pourra pousser sa machine à fond, elle poursuivra sa carrière... jusqu'en 2014, 2018, qui sait?
« Chaque jour, je veux faire une différence sur la glace. Je veux que les gens aient du plaisir à me regarder jouer. Je veux que les gens voient une joueuse de hockey sur la glace et non une femme. »
Par cette phrase, Wickenheiser résume bien l'héritage qu'elle veut léguer à son sport.
Elle est bien révolue l'époque où les affiches de Wayne Gretzky et de Mark Messier ornaient les murs de sa chambre parce que les modèles féminins n'existaient pas. Maintenant, la hockeyeuse, qui souhaite devenir médecin après sa carrière, est une inspiration pour les générations montantes.