À une semaine du premier Grand Prix de l'Inde, les organisateurs avaient dit que les travaux tout autour du circuit provoquaient une quantité anormale de poussière, mais il faut croire que le mal était plus grave.
Avant la course, personne ne s'est inquiété outre mesure. Mais durant le week-end, la poussière était toujours là et a causé des problèmes aux équipes. Car c'est bien connu, le sable est l'ennemi numéro un de la mécanique de haute précision.
Lewis Hamilton soulève la poussière dans les puits.
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AFP/Eugene Hoshiko
La presse spécialisée a salué les efforts des organisateurs (malgré le manque de finition évident dans les installations) et l'ambiance qui régnait dans le paddock. Le seul bémol a été la qualité de la course, en raison de la poussière qu'il y avait sur la piste et qui a forcé les pilotes à la prudence.
Une remarque a résumé l'inquiétude de la famille F1, celle de Jenson Button, pilote de l'équipe McLaren. « Le seul point négatif, c'est la poussière. Que peut-on faire avec ça en Inde? »
Cela veut-il dire que cette poussière ne partira pas? Il serait dommage que ce nouveau circuit, pensé et dessiné par l'architecte spécialisé Herman Tilke, ne puisse pas être utilisé à son plein potentiel. Car après plusieurs créations décevantes, il a cette fois réussi son coup.
Les pilotes au centre de la piste de Noida en Inde pour éviter la poussière en bord de piste
Potentiel il a. Rarement a-t-on vu un circuit aussi bien adapté à la F1 des années 2000, avec ses entrées de virage plus larges que les sorties, pour offrir un choix de trajectoires aux pilotes, comme au virage no 3. Ou avec cette grande courbe à double point de corde, les virages 10 et 11, où les pilotes doivent faire preuve de patience et de retenue sur l'accélérateur pour négocier le deuxième point de corde.
Mais que faire contre cette poussière omniprésente qui force les pilotes à utiliser une seule trajectoire, au centre de la piste (comme en fait foi la photo)?
Fernando Alonso est plus optimiste que Button. Il croit que c'est le propre de tous les nouveaux circuits et que la situation s'améliorera dans les années à venir. Mais il ne semble pas au courant d'un phénomène qui frappe les pays en développement.
Ce n'est pas juste les travaux autour du circuit qui ont rendu le site si poussiéreux. Il y a deux phénomènes : un géographique, l'autre humain.
C'est le cas en Inde, où les rebuts de nombreux chantiers sont simplement poussés dans la rue, sans que personne les ramasse. Ils se désagrègent en fine poussière avec le temps sous les roues des voitures et le pas des piétons. Et quand les rebuts deviennent poussière, cette poussière remplit le ciel.
On ne peut donc pas parler d'un irritant, mais d'un sérieux problème dont la F1 ne pourra pas se débarrasser lors des prochaines éditions du GP de l'Inde.
Et si les pilotes doivent se contenter d'une seule trajectoire, au centre de la piste, Herman Tilke aura beau construire le plus beau circuit du monde, rien ne pourra garantir la qualité de l'épreuve.
A-t-on pensé à ces phénomènes avant de construire un circuit de F1 à 50 km de New Delhi?
Après avoir tenu un discours unanimement positif, de circonstance en cette première édition du Grand Prix de l'Inde, les membres de la famille F1 risquent en 2012 de laisser tomber les discours officiels s'ils retrouvent encore leur matériel couvert de poussière.
À très bientôt.