Entre le navrant et le choquant

Le patron de Ferrari, Luca di Montezemolo, ne voulait pas en parler, mais il voyait dans le motocycliste italien Marco Simoncelli un autre Gilles Villeneuve. Peut-être pour ne pas lui porter malheur...

Simoncelli a d'abord eu sa part d'accidents avant de s'habituer au pilotage au plus haut niveau. Tout comme Gilles.

Les amateurs ont vu en lui beaucoup plus que sa crinière rebelle. Il n'avait pas encore remporté sa première course, mais était déjà très populaire. Il faisait son métier sans se soucier trop de l'attention qu'il provoquait. Tout comme Gilles.

Le jeune athlète de 24 ans est mort en piste dimanche. Tout comme Gilles...

Plusieurs pilotes de F1 ont salué les qualités de l'athlète, dont Jenson Button, Mark Webber et Lewis Hamilton, qui ont utilisé une semaine plus tard, les mêmes trois lettres sur le clavier de leur téléphone intelligent : RIP.

wheldonsimoncelli Dan Wheldon et Marco Simoncelli   © AFP/Tony Pennington/Vincenzo Pinto

Certains diront que c'est la dure loi des séries.

Une semaine après Dan Wheldon, c'est au tour de Marco Simoncelli de partir. Mais si la mort de Simoncelli est navrante, celle de Wheldon est choquante, car le Britannique a payé de sa vie la somme de plusieurs décisions condamnables.

La série IndyCar est responsable de ce qui s'est passé.

Maintenant que la mémoire de ce pilote « à l'éternel sourire » a été honorée, le plus dur commence pour l'IndyCar, soit l'analyse des faits et la reconnaissance de sa responsabilité.

Avec l'obligation pour le patron de la série, Randy Bernard, de replacer le sport, donc la sécurité, au centre des préoccupations. Cela veut dire rayer du calendrier ses petits ovales aux virages dangereusement relevés, destinés aux courses de la NASCAR.

Marco Simoncelli n'a pas été victime d'une opération de marketing. Il a glissé dans un virage, tout seul, lors du Grand Prix Moto de Malaisie, sur le circuit de Sepang, utilisé aussi pour la F1 et homologué par la FIA et la FIM.

Ses poursuivants Colin Edwards et Valentino Rossi n'ont pas pu l'éviter, et l'ont percuté. Imprévisible, brutal. Comme peut l'être le sport motorisé.

Je ne crois pas dans cette loi des séries, mais on ne voudra pas ce week-end d'un troisième dimanche noir d'affilée. On aura une petite crainte pour les pilotes de F1 pendant le Grand Prix de l'Inde, sur le circuit de Buddh que personne ne connaît.

À très bientôt.

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