Loin de la politique, des pilotes libérés

hamiltonwebberalonso Lewis Hamilton, Mark Webber et Fernando Alonso   © AFP/Dimitar Dilkoff

Le Grand Prix d'Angleterre a marqué la fin des chicanes politiques. En Allemagne, au Nürburgring, on a vu que le sport avait repris sa place.

Au terme des discussions en coulisse dans le paddock de Silverstone, les équipes (unies au sein de la FOTA) ont gagné, la FIA a finalement laissé tomber sa volonté d'interdire les systèmes d'échappement en cours de saison. Décision logique, compte tenu de la complexité des voitures dans leur conception.

La politique cède désormais sa place au sport. Et trois pilotes ont décidé de prendre les choses en main : Fernando Alonso, Lewis Hamilton et Mark Webber. Peu importe leur retard sur le meneur au classement général.

Ils avaient déjà envoyé un message clair à Silverstone. La pole de Webber, la victoire d'Alonso. Au Nürburgring, ils ont récidivé : la pole à Webber, la victoire à Hamilton. Et pendant les courses, des bagarres entre trois pilotes libérés du poids des distractions politiques.

Face à eux, Sebastian Vettel, plus humain que jamais, attaqué à Silverstone, dépassé au Nürburgring.

Son erreur au 10e tour en Allemagne résume à elle seule le combat qu'il aura à mener d'ici la fin de la saison. Une faute quasi identique à celle qu'il avait commise à Montréal, dans le dernier tour du Grand Prix du Canada. Deux roues dans la partie humide de la piste, et le dérapage inévitable.

La différence, c'est qu'à Montréal, il avait Jenson Button dans ses échappements. Au Nürburgring, il est parti tout seul à la faute, et ça n'a pas été son seul écart de la course. Son coussin de 77 points lui permet quelques mauvais jours, mais c'est dans sa tête qu'il devra être fort. Pour deux raisons.

D'abord parce que son coéquipier Mark Webber a pris une nouvelle dimension en tenant tête à son patron dans la controverse des consignes d'équipe du Grand Prix d'Angleterre. Il a refusé d'obéir aux ordres, et il a défendu sa décision.

Vettel a réalisé que son coéquipier ne sera pas son porteur d'eau en deuxième moitié de saison.

Ensuite, parce que Fernando Alonso et Lewis Hamilton ont retrouvé le goût de se battre.

La nécessité d'avoir confiance

Ferrari et McLaren ont eu une capacité de réaction incroyable. Et ils avaient au Nürburgring des voitures largement modifiées. Fernando Alonso et Lewis Hamilton ont retrouvé plaisir à se battre. C'était évident à voir dans les zones de freinage. Pour piloter de la sorte, il faut une confiance absolue dans sa voiture.

Leur chassé-croisé du 33e tour en est une preuve éloquente. Les anciens coéquipiers (de 2007) sont devenus de grands adversaires.

Et dans un respect qui leur fait honneur. Comment ne pas saluer le geste de Webber qui s'est arrêté dans son tour d'honneur pour ramener Alonso aux puits?

Alonso, Hamilton et Webber vont animer la deuxième moitié de saison, face à Vettel qui a fait beaucoup trop d'erreurs au Nürburgring pour ne pas commencer à s'inquiéter, et dont l'armure semble se fissurer.

La presse spécialisée se demande d'ailleurs si Red Bull n'a pas (déjà) perdu son avantage technique sur Ferrari et McLaren, après avoir été clairement battue en performance en Allemagne.

Le patron de Red Bull, Christian Horner, le constate et parle d'un « rappel à l'ordre ».

Le prochain Grand Prix en Hongrie sera un autre théâtre propice aux attaques. Sans grande ligne droite, les pilotes devront prendre des risques.

On sait aujourd'hui que Fernando Alonso, Lewis Hamilton et Mark Webber sont prêts à en prendre.

À bientôt.

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