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![]() Formule 1 | Chronique de Philippe Crépeau
Le projet F1, à quel prix pour Villeneuve?Le journaliste suit la F1 depuis 20 ans pour Radio-Canada. Il analyse l'actualité et livre ses commentaires toutes les semaines. Bonjour à tous. Jacques Villeneuve peut passer à son projet en F1. S'y concentrer à 100 %. Il n'a pas eu à s'en préoccuper durant le week-end de la NASCAR à Montréal. Et c'est tant mieux pour lui et pour l'équipe Braun Racing. Villeneuve est à la porte de la quarantaine et je l'ai rarement vu aussi heureux de faire ce qu'il fait. La F1 et les références à son père l'avaient obligé à se construire une carapace qui le rendait distant. Cette carapace n'existe plus en NASCAR. L'homme est affable, disponible pour les médias, pour signer des autographes. Peut-être sa générosité est-elle intéressée, peut-être joue-t-il le jeu de cette série dont une grande partie du succès populaire repose sur la proximité. Mais il semble vraiment libéré d'un poids. Évidemment, en conférence de presse d'après course, l'exubérant Boris Said a fait rire tout le monde avec ses blagues, y compris Villeneuve, l'Italien Massimiliano Papis a raconté sa vie en parlant avec ses mains, tandis que Villeneuve est resté discret, répondant simplement aux questions. Mais avec un sourire franc accroché au visage. Ça ne trompe pas après 3 heures 22 minutes d'effort. Si la FIA approuve le projet Durango/Villeneuve, il devra à nouveau mettre en veilleuse sa carrière en stock-car et se lancer à fond dans la préparation de cette nouvelle équipe de F1. Bâtir cette équipe prendra plusieurs années, à moins qu'un manque de budget vienne contrecarrer les plans.
Jacques Villeneuve fera à nouveau face aux critiques assassines de ceux qui verront dans ce projet une ultime façon de retrouver le petit monde confortable de la F1. Un tout petit monde dans lequel il a encore une aura en raison de son palmarès, dans lequel on le traitera avec les égards réservés aux anciens champions du monde. Pour convaincre les sceptiques, il devra montrer rapidement que sa tâche dépassera largement celle du pilote, il aura la mission de guider l'équipe dans ses premiers pas. Et ce nouveau rôle lui donnera une toute nouvelle dimension. Rien à voir avec le retour de Michael Schumacher. Mais il devra se préparer à des heures, des semaines de mauvais sommeil. Et il risque de perdre cette joie de vivre que j'ai vue dans son visage à Montréal ce week-end. Il m'a convaincu à ce point que sa démarche en NASCAR était sincère que je me surprends à espérer que la FIA refuse la candidature de Durango/Villeneuve. À très bientôt. À lire aussi 14 novembre 2011 Héros dans l'obscurité7 novembre 2011 Williams n'a pas le choix31 octobre 2011 L'Inde pourrait mordre la poussière24 octobre 2011 Entre le navrant et le choquant3 octobre 2011 Détruire, le mot de trop26 septembre 2011 Hamilton a appris à se taire19 septembre 2011 Spengler, un titre pour un essai en F112 septembre 2011 La déférence de Ross Brawn25 juillet 2011 Loin de la politique, des pilotes libérés14 juin 2011 La pluie, quand il faut travailler... |