Alonso, pièce maîtresse

Fernando Alonso Fernando Alonso   © AFP/Bertrand Guay

Le retard de l'équipe Renault en 2008 provient de la lutte pour le titre en 2006, que Fernando Alonso avait remporté.

Fernando Alonso a aidé Renault à retrouver le chemin de la victoire en 2008, dit le directeur technique Bob Bell.

Mais pour y arriver, l'équipe Renault a sacrifié la mise à jour de ses « procédures de travail dans le domaine aéro ». C'est ce qu'a indiqué Bob Bell, directeur technique châssis de Renault au quotidien L'Équipe.

« Toute notre attention s'était focalisée sur le titre. Du coup, il a fallu s'attaquer en 2007 à des problèmes de fond. Quand nous avons réajusté nos procédures en soufflerie, nous avons pu corriger nos méthodes expérimentales et réorganiser tout le département aéro », a précisé M. Bell.

Mais les effets ne se sont fait sentir qu'au milieu de la saison 2008, ce qui a surpris la direction technique.

« Nous avons été déçus au début de la saison 2008. À la fin du championnat 2007 (NDLR: sans Fernando Alonso), nous nous sommes dit que nos procédures étaient à nouveau au point et que nous pouvions développer la voiture en confiance. À l'ouverture de la saison, nous pensions nous battre facilement avec BMW Sauber et faire des podiums. Or, nous étions à plus d'une seconde des meilleurs. »

Mais Renault a utilisé toute l'expérience de Fernando Alonso pour réduire ce retard.

« Ce n'est pas le pilote qui nous dit quelle forme donner à l'aileron, mais Fernando est un excellent pilote d'essais. Pointu, concis, précis, constant dans les tours qu'il aligne. Il peut vous dire exactement ce qui se passe dans la voiture à tel instant, montrer les problèmes quand ils surviennent.

Bob Bell admet que les changements réglementaires et la réduction des coûts imposée par la FIA, touchent les troupes à l'interne.

Fernando Alonso Fernando Alonso   © PC/AP Photo/Luca Bruno

« Les gens s'inquiètent des intentions réelles de Renault en F1, sur notre capacité à conserver notre parrainage avec ING. Ils n'étaient pas certains que nous pourrions garder Fernando. Toutes ces interrogations nous ont amenés à nous surpasser. Il était vital de démontrer, avec nos résultats, que nous avions à coeur de maintenir en place les pièces maîtresses du casse-tête. »

Et le nouveau contrat du pilote espagnol rassure d'autant plus que Renault n'a jamais voulu aller chercher un pilote à tout prix.

« Renault ne veut pas gaspiller d'argent, explique M. Bell. Renault ne veut pas gagner à n'importe quel prix. Mais nous avons quand même réussi à garder Fernando. Je pense que nous avons beaucoup de chance de l'avoir avec nous. »