
Le journaliste suit la F1 depuis plus de 15 ans pour
Radio-Canada. Il analyse l'actualité et livre ses commentaires tous les
lundis.
Chronique
Une chronique de Philippe Crépeau
Bonjour à tous,
Si les révélations de La Repubblica s'avèrent, plusieurs personnes de McLaren ont été en contact avec ces documents techniques confidentiels de Ferrari.
Ça me fait penser à un virus qui s'introduirait quelque part et qui infecterait les personnes les unes après les autres.
Le virus est entré par la poste dans le bureau de Mike Coughlan. Et quand ce monsieur a ouvert l'enveloppe, le virus s'est propagé. Il aurait montré ces documents à plusieurs personnes, selon La Repubblica. Combien de personnes ont été infectées? On ne le sait pas.
D'après les révélations du journal italien, les collègues de Mike Coughlan auraient tenté de repousser le virus en « se distançant » des documents, et en lui disant de les détruire.
Nous voici devant un cas de conscience. Un employé, mis au courant de l'existence de ces documents confidentiels, a-t-il l'obligation d'en parler à son supérieur hiérarchique?
Tout employé doit respecter le principe de loyauté envers son employeur, m'a expliqué un juriste canadien. La question est de savoir jusqu'où va ce principe. La loyauté passe-t-elle forcément par la dénonciation?
La bonne foi
Le fait de suggérer au gardien des documents de les détruire suffit-il à le disculper d'une quelconque accusation?
Il y a toujours le principe de la bonne foi, me rappelle ce juriste, qui peut-être utilisé devant un juge pour sa défense. Et dans ce cas-ci, le fait de demander à la personne de détruire ces documents est une preuve apparente de bonne foi, a-t-il conclu.
Les questions sont nombreuses, et plusieurs employés de McLaren doivent aujourd'hui se sentir mal à l'aise.
Jusqu'à présent, deux personnes ont été nommées: Mike Coughlan et Jonathan Neale. Mais plusieurs autres sont maintenant impliqués. Jusqu'où le virus est-il allé?
Les employés exposés feront sûrement l'objet d'une enquête interne rapide, car McLaren doit se défendre devant les juges de la FIA jeudi.
Le 16 juillet, McLaren a répété par voie de communiqué qu'aucun employé autre que la personne suspendue (Mike Coughlan) n'a été « en possession » des documents.
Le grand patron Ron Dennis cherche à contrôler la propagation du virus pour éviter une sanction de la part de la FIA qui ruinerait les efforts de l'équipe en 2007 et, surtout, casserait net la formidable ascension de Lewis Hamilton, la carte-surprise de l'équipe cette saison.
À très bientôt.