Tout est une question d'habitude et d'organisation.
Les hommes déchargeaient les caisses lundi, sous une pluie fine, au circuit Gilles-Villeneuve, et vidaient leur contenu.
Le personnel de l'équipe française est habitué à vider les boîtes et à placer le matériel dans l'espace disponible des garages et du paddock. Le mot d'ordre: s'ajuster. Quel que soit le circuit.
Un exercice plusieurs fois répété. La zone paddock était pourtant encombrée de tout le matériel destiné au week-end et l'espace, restreint pour travailler.
« C'est plus facile, car c'est notre deuxième voyage outre-mer. Lors du premier week-end de course à Melbourne, on a toujours du mal à trouver nos automatismes, mais ça revient rapidement. Et maintenant, nous savons où placer nos affaires », précise le coordonnateur de l'équipe, Jeff Simonds.
L'équipe Renault apporte à Montréal 32 000 kilos de matériel, mais en plusieurs chargements pendant la semaine.
« C'est sensiblement la même quantité en Europe, mais c'est plus simple là-bas, car tout est transporté dans des gros camions », précise M. Simonds.
Doit-on y toucher?
Depuis que les organisateurs du Grand Prix du Canada ont doublé la superficie du paddock, les équipes peuvent avoir leur zone hospitalité côté bassin.
Mais le problème de l'espace disponible refait surface cette année, avec les déclarations curieuses de Bernie Ecclestone qui pourtant n'a fait aucune demande particulière par le biais de la Formula One Management (FOM) à l'équipe de Normand Legault.
François Dumontier estime l'espace côté paddock suffisant.
« Contrairement à la FIA qui a fait des demandes relatives au circuit, nous n'avons pas eu de demande de la FOM. C'est nous qui avons pris l'initiative d'améliorer l'éclairage dans le paddock pour les mécaniciens qui travaillent tard le soir ou même la nuit. C'est à la suite d'une discussion avec un chef d'équipe que nous avons décidé de faire ce changement, et nous en avons prévenu la FOM », a révélé François Dumontier, vice-président des opérations du Grand Prix du Canada.
Il est évident que si les équipes pouvaient avoir plus de place, elles en feraient bon usage, mais Jeff Simonds ne veut pas se plaindre. Il y a des circuits en Europe où il y a encore moins de place disponible qu'à Montréal, dit-il.
Jeff Simonds dit que c'est aux équipes de s'ajuster.
« L'espace, c'est toujours un problème, car nous apportons chaque année plus de choses. Mais ils ont aussi leurs contraintes (les organisateurs). Nous ne pouvons pas nous étendre à l'arrière, car il y a la rivière. C'est évident que plus les garages sont grands, plus c'est facile. Mais ça coûterait cher au bout du compte. C'est plus simple quand on construit un tout nouveau circuit. Alors, nous tentons de nous ajuster, plutôt que de demander aux autres d'en faire plus. »
Et encore, chez Renault, il y a un privilège non négligeable à Montréal depuis deux ans, le titre de champion du monde donne droit à un quatrième garage et à l'espace correspondant dans la zone paddock.
« Autant en profiter cette année... », a conclu M. Simonds avec un sourire entendu.