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Lyne Bessette
Une croix sur les Championnats du monde
9 septembre 2005 - Bonjour à tous.
Ça fait longtemps que vous n'avez pas entendu parler de moi. J'ai pris la décision de ne pas aller aux Championnats du monde (à la fin du mois à Madrid), une décision que j'accepte très bien. J'ai parlé à Kris Westwood (le nouveau directeur de l'Association cycliste canadienne). Il a été très réceptif, il m'a dit : « Écoute Lyne, tu as décidé de prendre l'année relax, donc fais-le à 100 %. Reviens-nous en grande forme l'année prochaine pour les Jeux du Commonwealth. » Je voulais savoir si j'étais sélectionnée pour les Jeux et il m'a dit oui, qu'il n'y avait pas de problème en vertu de ma quatrième place aux Championnats canadiens en juillet dernier. Donc, ça a sécurisé ma décision.
Ça me trottait dans la tête depuis longtemps de ne pas faire les Championnats du monde. L'idée d'y aller me donnait des boutons. Ça m'a pris plus de temps que prévu à m'adapter à mon année plus mollo. C'est difficile d'accepter que tu prennes la ligne de départ d'une Coupe du monde et de savoir que ta forme n'est pas aussi bonne que les autres années, mais dans ta tête, tu l'oublies cette partie-là. Tu veux juste essayer de gagner. Sauf que la compétition est forte et si tu n'es pas en super forme, ça fait une grosse différence, fait que le mental en prend un coup, c'est sûr.
J'ai eu de la difficulté cette année, en fait jusqu'aux Championnats canadiens. Ça a été la course où il y a eu un déclenchement. Je me suis dit: « Là, c'est fini le niaisage, je relaxe. Je prends l'année comme elle vient. »
Dur sur le moral
Le début de l'année a été assez intense avec le Tour de l'Aude et la Coupe du monde. Les courses de vélo de montagne, je ne les compte pas parce que je ne les prends pas comme des courses stressantes, c'était une nouveauté.
Moi, je ne suis pas satisfaite avec une 18e place à la Coupe du monde. Je suis comme ça. Quatrième au Tour de l'Aude, là je vais vous le dire, j'ai été CHANCEUSE. Je n'étais pas en forme, je suis juste rentrée dans la bonne échappée, pis après ça, je me suis battue comme une folle pour rester là. Si je n'avais pas pris cette échappée-là, j'aurais fini 17e, 20e! C'est juste parce que j'ai eu une journée de chance. Ce n'était pas parce que j'ai fini 4e au Tour de l'Aude que j'allais flyer à Montréal. Moi, je le savais, mais sur papier, ça n'avait pas l'air de ça.
À Montréal, j'ai trouvé ça difficile. Je suis chez nous, j'ai de la pression, je veux bien faire. J'ai déjà fini 2e, 3e, 6e, 7e et là 18e ça a été dur sur le moral, ça n'a pas été facile. Je ne l'ai pas accepté. Mais là ça va bien, à part que j'ai attrapé le rhume!
C'est vraiment après les Championnats canadiens sur route que j'ai vraiment décroché. J'ai fait d'autres courses et j'étais dans un meilleur état d'esprit.
J'ai fait le Tour de Delta à Vancouver et le Tour d'Altoona. J'ai fini 6e au général et meilleure grimpeuse à Altoona, donc j'étais vraiment contente. J'ai aussi fait la course Montréal-Québec et il faut que je vous raconte une petite anecdote.
Mauvaise interprétation
Mon chum s'est planté au 60e km, la semaine d'avant, il s'était planté en moto. J'ai capoté parce que ça faisait deux fois que je le voyais tomber. Je suis arrêtée sur le bord de la route pour voir s'il était correct. Il m'a dit: « Retourne dans la course, ça va. » Mais là, le peloton et la caravane étaient déjà passés parce que ça roulait très vite avec le vent de dos. Je retourne dans la course, je suis les autos de la caravane et je réussis à revenir dans le peloton. J'ai fini la course 95e, à 7 minutes du gagnant, Dominique Rollin.
En arrivant, j'ai parlé au journaliste de Québec et je lui ai raconté l'histoire. Je lui ai dit que j'avais embarqué dans la caravane pour revenir dans le peloton. Mais lui, il a écrit: « la cycliste est montée dans une voiture pour rejoindre les autres coureurs ».
Les commissaires avaient déjà donné des amendes aux athlètes largués qui s'étaient fait remonter par des voitures. Donc, là, il y a des coureurs qui ont dit: « Ce n'est pas juste, nous, on reçoit des amendes et Lyne Bessette, elle, revient dans la course en char. »
Les gens pensaient que j'étais vraiment montée dans une voiture. Non, mais ce n'est pas la première année que je fais une course de vélo. J'ai été presque obligée de faire une conférence de presse pour dire: « Non, je ne suis pas montée dans une voiture ».
La barbotte
Après ça, je me suis lancé un défi. J'ai fait le triathlon de Manon Jutras, le triathlon de Verdun. Ma meilleure amie Catherine voulait se remettre en forme et elle m'a demandé de le faire en équipe. Moi, je l'ai rappelé et je lui ai dit: « Je pense qu'on serait capable de le faire chacune toute seule. »
C'était 750 m de natation, 20 km de vélo et 5 km de course à pied. Pour moi, c'était un défi de le faire toute seule. C'était mon défi de l'année. J'ai fait de la natation deux semaines avant et Manon m'achalait avec ça: « Comment va-t-elle ma barbotte? »
Ça a été ben le fun. J'ai fini 6e. J'ai perdu 4 minutes dans la piscine, mais j'étais contente, je n'étais pas la dernière à sortir! Je les ai battues sur le vélo et la course à pied, mais je n'ai pas réussi à rattraper les meilleures. J'ai fini à peu près à 2 minutes de la gagnante.
Après ça, j'ai eu une idée folle, je voulais aller faire le XTerra à Hawaï! Fialement, j'ai décidé de me calmer les nerfs.
Là, j'arrive de San Franciso. Je n'ai pas participé au Grand Prix, j'étais plutôt la préposée aux bidons dans la zone de ravitaillement pour l'équipe de Tim (Johnson, son mari). J'en ai tout de même profité pour faire 4,5 h dans les montagnes juste à côté, sur le bord de l'eau. J'ai relaxé un peu, je me suis promenée dans San Francisco, j'ai fait un peu de magasinage.
Dernier droit pour Melbourne
Du 21 au 24 septembre, je m'en vais faire le Tour des Bermudes. Ce sera ma dernière course sur route de la saison. Je vais apporter mon wetsuit et je vais aller faire de la plongée en apnée.
Je suis encore en pause jusqu'à la mi-septembre. Après ça, je me remets dedans pour le cyclo-cross. Ma première course est à Seattle le 1er octobre. J'aimerais faire les championnats du monde au mois de janvier, si je les fais, je vais en profiter pour faire des coupes du monde.
Comme les Jeux du Commonwealth sont au mois de mars, ça va me servir d'entraînement. En prenant une période de repos maintenant et en commençant à m'entraîner pour le cyclo-cross, ça me donne six mois pour être en forme. Les courses de cyclo-cross sont courtes, donc ça travaille mon intensité. Ensuite, je vais faire des kilomètres sur la route pour l'endurance. Ça devrait être une bonne préparation.
Les Jeux du Commonwealth sont un peu particuliers. Tu ne peux pas envoyer une équipe complète dans toutes les disciplines. Donc, tu envoies des filles polyvalentes qui vont faire la route, la piste ou le vélo de montagne. Je ne détesterais pas faire le vélo de montagne. Je vais donner mon nom! Je vais faire la poursuite aussi sur la piste, la dernière fois, c'était à Manchester en 2002. J'avais fait mon meilleur temps, donc il faudrait bien que j'essaie de le battre un moment donné! Ça serait peut-être la bonne occasion! La moins bonne affaire, c'est qu'il va falloir que je voyage avec 4-5 vélos!
À bientôt
(Propos recueillis par Manon Gilbert)

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