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Chroniques terrestres

Pas sage...

Si on jette un coup d’œil à une carte géographique, tout en haut, dans le coin des punaises supérieures qui la retiennent au mur, l’Arctique se déploie. Tout près d’une centaine d’îles glacées, de superficies considérables et entourées de milliers d’autres petits bouts de terre et de roc gelés, garnissent les hautes latitudes canadiennes.   

Durant de nombreuses années, les explorateurs européens ont tenté, sans succès, de se frayer un chemin navigable sur ces eaux gelées et inhospitalières. À la recherche d’une route plus rapide vers l’Asie, plusieurs expéditions ont échoué. Plusieurs bateaux aussi.

Il faut attendre jusqu’en 1906 pour que le Norvégien Roald Amundsen réussisse l’exploit.  Un voyage de trois ans, d’est en ouest, à bord du Gjoa. Le passage du Nord-Ouest venait d’être parcouru. Cette grandiose réussite humaine et technologique se voit teintée d’une déception commerciale. Le passage, couvert de glace, se caractérise par de rigoureux hivers et des conditions de navigation extrêmes. L’idée de parcourir ces eaux, dans un but commercial, est remisée. Au congélateur.

Les années passent. Entre 1906 et 2005, une centaine d’embarcations naviguent dans le passage. Navires scientifiques et touristiques, aventuriers qui n’ont pas froid aux yeux et aux mains, se faufilent entre les glaces, qui se font de plus en plus rares. En 2002, le Sedna IV le parcourt. Il rapporte une tonne de photos, de données scientifiques, d’images mais surtout, l’expédition fait connaître ce coin du monde à la population.  Elle sensibilise les gens du « Sud »  à une problématique nordique, actuelle.

Avec les changements climatiques, la glace s’amincit. Le passage s’ouvre. En même temps que les yeux des dirigeants des compagnies de transport maritime.

La quête du chemin le plus court entre a et b, à moindres coûts, a toujours fait carburer ces entreprises. C’est commercialement logique. Pourquoi passer par Paris pour aller à Vancouver? Pourquoi transiter par le canal de Panama quand on peut passer par le Nord, pour ainsi raccourcir le trajet d’environ 4000 km?  Quand la glace s’en va, la logique commerciale refait surface.

La question s’est creusée un passage dans les coulisses politiques et environnementales.  En avril 2006, le Canada déclare que les eaux du passage font parties de son territoire, de ses eaux intérieures, afin de défendre sa souveraineté. 

Il y a aussi les questions environnementales, reliées à l’ouverture du passage, qui font couler beaucoup d’« ancres », afin de ralentir ou d’immobiliser les élans commerciaux. Les écologistes espèrent que le pays adoptera des lois solides, pour éviter les catastrophes maritimes, qui pourraient détruire l’écosystème marin. Les peuples inuits s’inquiètent pour leurs territoires et leur mode de vie.  Les débats sont lancés. Heureusement.

À en croire certains observateurs, ce n’est pas demain la veille que les compagnies maritimes investiront pour emprunter cette route. Une foule d’obstacles logistiques devra être surmontée avant que les bateaux se mouillent à ces eaux glaciales. La hausse des profits agit toutefois comme un motivateur hors pair, alors mieux vaut prévenir que se laisser couler.

C’est logique d’utiliser le passage du Nord-Ouest comme voie maritime commerciale.  Mais ce n’est pas sage, du moins selon un point de vue environnemental...



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6 mai 2007 - Malgré le fait qu'il va y avoir un certain nombre de changements géographiques, je crois que l'humanité sortira gagnante de la fonte des glaces. La stabilité climatique parfaite étant un rêve de riche, je crois que c'est grâce à une meilleure économie globale que nous allons conscientiser le mieux la population mondiale à un problème qui ne sera jamais celui des pauvres.
Guillaume Lalonde, Laval, Canada