Mise à jour le lundi 21 juin 2004 à 17 h 19


NOUVELLE DE QUÉBEC ET DE LA CHAUDIÈRE-APPALACHES

Défusions : un comité de transition sera créé à Québec

Le ministre des Affaires municipales du Québec, Jean-Marc Fournier, affirme que les référendums sur les démembrements municipaux ont donné une nouvelle légitimité aux grandes villes.

Il annonce la création de comités de transition chargés de concrétiser les défusions, dont un à Québec. M. Fournier prévoit aussi la mise sur pied d'un conseil d'agglomération à Québec, comme le stipule la loi 9.

Le ministre des Affaires municipales rappelle que cette consultation populaire avait une portée plus grande qu'une élection et des conséquences à long terme. C'est pourquoi selon lui, il fallait qu'au moins 35 % des électeurs inscrits optent pour la défusion pour qu'elle se concrétise.

Les réactions après les référendums : du bonheur et de l'amertume

Pendant que les anciens maires de L'Ancienne-Lorette et de Saint-Augustin-de-Desmaures sont satisfaits des résultats des référendums, plusieurs défusionnistes acceptent mal la défaite.

L'ancien maire de L'Ancienne-Lorette, Émile Loranger, néanmoins crie victoire. L'Ancienne-Lorette comme St-Augustin-de-Desmaures va défusionner.

M. Loranger se dit satisfait du taux de participation des électeurs à 61 %. Il attribue cette victoire au travail des bénévoles.

Émile Loranger
« C'était du travail de terrain, d'expliquer aux gens les véritables enjeux, de se parler des vraies affaires et les gens ont répondu au message que je leur ai livré à savoir que si vous voulez récupérer votre ville, il faut vous déplacer et aller voter oui. Ça a été le travail d'une armée de bénévoles, de gens qui se sont impliqués, il fallait travailler et c'est ce qu'on a fait, puis on a gagné », déclare M. Loranger.

Émile Loranger effectuera un retour en politique. Il sera candidat à la mairie de L'Ancienne-Lorette en novembre 2005.

Marcel Corriveau (archives)
St-Augustin-de-Desmaures

À St-Augustin-de-Desmaures, l'ancien maire n'est pas surpris du résultat du référendum qui a confirmé la volonté des résidants de ce secteur de se défusionner de la nouvelle Ville de Québec. Le oui l'a emporté à 62 %. Marcel Corriveau, qui n'écarte pas la possibilité de se présenter à la mairie de St-Augustin, réfute toujours les conclusions de l'étude sur les coûts des défusions.

« On paiera pas pour un service par exemple de pompiers, qui nous coûtait 600 000 $ avant la défusion. On paiera pas trois fois le prix alors qu'on a le même service. Écoutez, il va y avoir des négociations, on va quand même devoir se faire respecter, on se fera pas non plus dépouiller et plumer », soutient M. Corriveau.

D'autre part, Marcel Corriveau ne voit aucun inconvénient à siéger au conseil municipal de Québec jusqu'aux prochaines élections municipales.

Mais, pendant que les anciens maires de L'Ancienne-Lorette et de Saint-Augustin-de-Desmaures sont satisfaits des résultats des référendums, plusieurs défusionnistes acceptent mal la défaite.

Andrée Boucher (archives)
Arrondissement de Sainte-Foy

L'ancienne mairesse de Sainte-Foy, Andrée Boucher, ne digère pas les résultats des référendums sur les défusions. À Sainte-Foy, bien que le vote défusionniste ait récolté 52 % des suffrages exprimés, il ne représente pas 35 % de la population habile à voter. Andrée Boucher attribue la défaite aux gens de pouvoir de la région et aux médias qui, dit-elle, ont appuyé la ville nouvelle.

« Dans les endroits où les gens ont dit oui de façon majoritaire puis qu'aujourd'hui ça devient des perdants, puis on accepte ça. [...] Comment vous pensez qu'à Sainte-Foy on peut avoir confiance dans la démocratie ? On dit que les gens sont cyniques face à la démocratie. On va continuer d'être cynique puis pour longtemps », pense Mme Boucher.

Simon Wilson
Arrondissement de Sillery

Le porte-parole des défusionnistes à Sillery, Simon Wilson, est lui aussi très amer. Même si près de 52 % des citoyens de son arrondissement se sont prononcés en faveur de la défusion, celle-ci ne pourra se faire.

Il manquait seulement 179 voix pour répondre à la règle du 35 % . Ce résultat est difficile à accepter pour Simon Wilson. Selon lui, certains discours ont fait peur aux gens.

« On a réussi à faire peur aux gens en leur faisant croire d'abord qu'il y aurait deux comptes de taxes, ce qui est tout à fait faux et même s'il y en avait, un compte de taxes de 100 $ ou deux de 50 $ c'est le même compte de taxe. Alors c'était simplement du tripotage politique, c'est des affirmations qu'on lance en l'air et que finalement, on se dit ça : " les gens vont avoir peur avec ça " et finalement, ils ont réussi, ils ont vraiment fait peur. Aussi, on se battait contre l' establishment politique de la région de Québec », soutient M. Wilson

Le maire l'Allier espère que les chicanes seront choses du passé

Malgré les départs de L'Ancienne-Lorette et de St-Augustin-de-Desmaures, le maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, est soulagé et espère que les chicanes seront du passé. Jean-Paul L'Allier n'a pas apprécié le ton de la campagne, il précise que l'attitude devra changer au sein du conseil municipal au cours des prochains mois.

« Certains n'ont jamais accepté cette ville même une fois élus pour devenir conseiller municipal. Ils ont systématiquement miné, sapé le fonctionnement de la ville nouvelle en montant en épingle des choses qui étaient vraies, mais qui ne méritaient pas l'importance qu'on leur donnait et en passant sous silence tout ce qui fonctionnait bien. Il va falloir que l'attitude change », souhaite M. L'Allier.

Lévis demeure intacte

Sur la Rive-Sud, le territoire de Lévis demeure intact : les défusionnistes ont échoué dans les quatre anciennes villes où il y avait référendums. L'ancien maire de Charny, Alain Lemaire, maintenant vice-président du comité exécutif, croit que les gens ont refusé de retourner en arrière sachant ce qui les attendait.

« Non au projet de défusion parce qu'ils ont compris que le projet de la loi 9 ne nous redonnait pas nos villes et qu'on avait beaucoup de désavantages à s'embarquer dans ce nouveau projet-là », mentionne M. Lemaire.

Jean Garon
Jean Garon aussi est satisfait

« Je serais pas franc si je vous disais que je suis pas content, je suis très content et soulagé en même temps parce que ce tiraillement là voyez vous, une ville, [...] il faut qu'il y ait une volonté de bâtir quelque chose ensemble. [...] Aujourd'hui, ça change le résultat et je pense que les gens vont travailler pour faire une réussite de cette ville-là », pense M. Garon.

Extrait vidéoD'autres précisions de Ghislain Beaulieu qui a entre autres recueilli des réactions d'anciens maires et de citoyens.Extrait vidéoQuel avenir pour le villes défusionnées? Louise Quesnel, spécialiste de la démocratie municipale, répond aux questions de Sébastien Bovet.


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