Mise à jour le dimanche 20 juin 2004 à 23 h 44


NOUVELLE DE QUÉBEC ET DE LA CHAUDIÈRE-APPALACHES

Québec : les citoyens optent pour la ville nouvelle

Jean-Paul L'Allier
Seules les municipalités de L'Ancienne-Lorette et de Saint-Augustin-de-Desmaures se défusionnent. Les dix autres anciennes municipalités de banlieue demeurent au sein de la ville unifiée.

« C'est un choix d'une ville qu'on avait à faire, un choix de structure, d'une manière de faire les choses » a souligné le maire de Québec, Jean-Paul L'Allier, commentant le dépouillement des votes à la chapelle de l'Amérique française. « Il s'agissait de notre milieu de vie, de développer au maximum le potentiel de notre milieu de vie. ». Pour le conseiller Jacques Jobin, la nouvelle est excellente : la majorité silencieuse s'est exprimée, selon lui.

À Québec, 12 référendums se sont déroulés. Voici les taux indiquant le nombre de citoyens ayant voté pour le Oui, le démembrement de la ville fusionnée :

  • Beauport, 19,44%;
  • Cap-Rouge, 22,48 %;
  • Charlesbourg, 18,50 %;
  • L'Ancienne-Lorette, 40,94 %;
  • Lac-Saint-Charles, 29,86 %;
  • Loretteville, 14,35 %;
  • Saint-Augustin-de-Desmaures, 38,4 %;
  • Saint-Émile, 21,17 %;
  • Sainte-Foy, 28,43 % ;
  • Sillery, 33,56 % ;
  • Val-Bélair, 18,68 %;
  • Vanier, 23,19 %.

    « Le monde à l'envers », déclare Andrée Boucher

    Andrée Boucher
    « Je pense qu'on ne peut pas être déçu quand il y a une consultation », affirme l'ancienne mairesse de Sainte-Foy, Andrée Boucher. Elle souligne toutefois la difficulté d'atteindre le seuil de 35 % définit par la Loi 9. « Ce soir, c'est le monde à l'envers. Les perdants gagnent et les gagnants perdent. La règle des 35 % était difficile à atteindre. Des municipalités vont se ramasser avec un oui gagnant, mais seront perdantes. À Sainte-Foy, on perd beaucoup. On a perdu avec la défusion et on perd là. Les gens se sont peut-être dits entre deux maux, il faut choisir le moindre. Je peux vous dire que demain, les gens de Sainte-Foy, quand ils vont se rendre compte qu'ils gagnent, mais qu'ils perdent, ce ne sera pas facile. »

    De son côté, le leader défusionniste Simon Wilson demande un « maire plus rassembleur ou une mairesse plus rassembleuse » pour diriger la ville unifiée.

    Un débat émotif

    Jusqu'à la fin, le maire de la ville unifiée de Québec est demeuré optimiste et a tenté de convaincre les citoyens des 12 anciennes municipalités fusionnées de voter non au démembrement. « Quand je suis très très rationnel, je me dis qu'il n'y a pas de villes qui vont quitter, même si ça peut passer serré à certains endroits, notamment à Saint-Augustin, peut-être Sillery et peut-être aussi l'Ancienne-Lorette », a déclaré Jean-Paul L'Allier lors qu'une dernière offensive pour la ville unifiée, vendredi dernier. « Mais c'est un débat émotif. Donc, on ne peut pas prédire le résultat », a-t-il alors précisé. Avec deux défusions, les résultats auront sans doute été un soulagement.

    Alors que les défusionnistes ont été très présents dès le début de la campagne référendaire, le mouvement défusionniste étant actif depuis 1999-2000, les pro-fusion ont mis plus de temps à occuper le terrain. Ils ne sont vraiment passés à l'action que lors des deux dernières semaines, où des acteurs des secteurs économiques et culturels ont défendu la ville unifiée.

    Deux visions de l'avenir de Québec

    Le débat du 9 juin
    Sans véritable gagnant, les différents débats qui ont opposé le maire de Québec et le chef de l'opposition ont mis en lumière leurs divergences : deux visions de la ville, et des clés pour assurer son développement à venir, se sont alors affrontées.

    En entrevue le soir des référendums, le maire L'Allier a déclaré avoir trouvé le ton de la campagne trivial. Il s'attendait à un débat plus large sur les défis de la ville. « Il va falloir qu'on les fasse ces débats pour se donner des priorités d'action dans les prochaines années. »

    Un taux de participation ne dépassant pas 65,79 %

    Dans tout ce processus référendaire, un seul point est parvenu à réunir ces deux mondes : l'importance pour les citoyens d'exercer leur droit de vote. Ces derniers ont répondu à l'appel de façon modérée. Le taux de participation oscille entre 37,92, à Val-Bélair, et 65,79 % à Sillery.

    Cette consultation sur la réorganisation territoriale municipale se démarque par des coude à coude inattendus des options du Oui et du Non. Ainsi, à Saint-Émile, le Non obtient une seule voix de plus que les défusionnistes. À Sillery, considérée comme un bastion défusionniste, moins de 3 % séparent les deux options. C'est à L'Ancienne-Lorette que la défusion obtient la majorité la plus élevée, avec 67,07 % pour le Oui. Du côté du Non, Cap-Rouge atteint un sommet de 61 %, une performance qui peut s'expliquer par l'implication pro-fusion du conseiller du secteur, Normand Chatigny.

    Extrait vidéoRéactions du maire de Québec Jean-Paul L'Allier


  • EN RÉGION
    Toutes les nouvelles

    Municipalités fusionnées

    À NOTRE ANTENNE

    Les Spéciales

    Le Point

    Dimanche Magazine

    Maisonneuve en direct

    Désautels

    Les Affaires et la vie

    Sans Frontières

    La Part des choses

    Suite...


    © Radio-Canada.ca /nouvelles