Alors que le maire de l'unique municipalité de l'Archipel, Claude Vigneau, ne sait toujours pas s'il formera un comité du non à la défusion, mais il garde espoir de sauver Cap-aux-Meules en diffusant davantage d'information, la mairesse de Matane et ancienne mairesse de Saint-Luc, Linda Cormier, indique qu'elle se mêlera le moins possible de la campagne référendaire.
Matane et Les-Iles-de-la-Madeleine
Toutefois, chez les anglophones de Grosse-Île, la bataille du oui au démembrement est pratiquement gagnée alors qu'à Cap-aux Meules, les défusionnistes fourbissent leurs armes.
Un comité du oui à la défusion pourrait se former dans les prochains jours à Cap aux Meules. Le conseiller du village, Jean Jules Boudreau, estime que la balle est dans le camp du conseil municipal. « La municipalité se doit de tenter de répondre à ces insatisfactions et tenter d'amener des solutions et des avantages à faire partie de cette nouvelle municipalité », juge-t-il. 20 % des citoyens de Cap-aux Meules ont signé le registre.
Réuni avec ses conseillers au lendemain du résultat de la signature des registres, le maire Claude Vigneau affirme que le message a été compris. « On est conscient qu'on n'a pas répondu aux attentes exprimées », admet le maire qui estime, toutefois, que la bataille est loin d'être perdue : « Moi, je pense qu'il y a moyen de convaincre les gens de Cap-aux-Meules qu'il n'y a pas d'avantages à se retirer. »
Si les partisans du démembrement l'emportaient dans la ville centre de l'Archipel, le conseil de la ville regroupée devrait alors déménager la mairie.
À Grosse-Île, avec 35 % des citoyens qui ont signé le registre, le président du comité du oui à la défusion James Goodwin n'a pas l'intention d'organiser une campagne puisque la victoire est quasi assurée.
Ville de Matane
Un démembrement onéreux Du côté de Matane, les défusionnistes de l'ancienne municipalité de Saint-Luc ont obtenu le nombre de signatures requis, soit 72, pour la tenue d'un référendum.
La mairesse de Matane, Lynda Cormier, qui était mairesse de Saint-Luc avant la fusion, avoue qu'elle n'est pas surprise par le résultat. La mairesse indique qu'elle se mêlera le moins possible de la campagne référendaire.
Il y aura aussi un référendum à Petit-Matane où 194 résidents ont apposé leur signature dans les registres, soit près de 80 de plus que nécessaire. L'ancien maire et conseiller à la Ville de Matane, Jean-Paul Otis, croit que la décision des citoyens était inévitable. « Il y a des affaires qu'on est en train de perdre à Petit-Matane, et moi je n'étais pas satisfait de ça. Des fois, on demande des choses et ça prend du temps », fait valoir l'ancien maire qui aimerait bien retrouver son ancienne municipalité.
Mairesse de Matane
Aux nostalgiques qui voudraient revenir en arrière, la mairesse de Matane, Linda Cormier, rappelle cependant qu'ils doivent bien comprendre les enjeux du démembrement. « Dans l'avenir, ils vont avoir à vivre, je vous le dis, avec des coûts extrêmes. Là, on ne reviendra plus jamais comme on était », a déclaré Mme Cormier.
L'ancienne mairesse avoue que si elle était demeurée simple citoyenne de l'arrondissement de Saint-Luc, elle n'aurait pas signé le registre.
Long parcours Dans chacune de ces municipalités, le chemin vers le démembrement sera rude. Pour remporter la victoire, les partisans de la défusion devront d'abord obtenir un taux de participation de 50 % des citoyens des anciennes municipalités.
Quant au résultat, pour mener à un démembrement, en plus de remporter la victoire par une majorité simple, la proportion de votes favorables à la défusion devra correspondre à 35 % des électeurs inscrits.