Richard Bergeron (archives)
La campagne électorale 2005 comble les attentes du chef de la plus jeune formation sur la scène municipale montréalaise, Richard Bergeron.
Prévoyant une victoire du maire Gérald Tremblay et le départ de son principal adversaire, Pierre Bourque, le chef de Projet Montréal soutient que son parti est prêt à prendre la relève.
Le chef de Projet Montréal estime que sa formation politique a réussi une importante percée. « Nous n'avons pas de comparable, nous n'existions pas il y a quelques mois », soutient M. Bergeron. Soulignant que son parti accueillera son 1000e membre, il espère grappiller quelques points de pourcentage à Vision Montréal lors du scrutin.
« J'espère que les indécis vont oser voter pour nous, 3 % de plus ou de moins pour Pierre Bourque et Vision Montréal, ça ne change pas grand-chose alors qu'ils sont à 29 % dans les sondages », poursuit M. Bergeron précisant que ce ne serait pas suffisant pour coiffer le maire Tremblay qui trône au haut du classement à 47 %.
Pierre Bourque (Vision Montréal)
« Mais 3 % pour nous, c'est un monde de différence », explique M. Bergeron, avouant que le sondage qui donnait à son parti 4 % des intentions de vote leur avait fait mal. « Ça a démobilisé nos partisans », déplore-t-il sans se décourager pour autant. M. Bourque n'a pas l'intention de rester s'il est défait à l'élection du 6 novembre, ce sera à nous de récupérer le vide laissé par son départ. Nous devons être là pour récolter les fruits de l'évolution politique des Montréalais. »
M. Bourque refuse de confirmer son retour dans l'opposition s'il est défait aux élections de dimanche se contentant de croire en sa victoire: « Je vous en reparlerai dimanche, mais ça n'arrivera pas... »
M. Bergeron croit que le parti de M. Bourque perdra de la vigueur avec le départ de son chef et il entend profiter de ce flottement pour accroître la popularité de son parti. « Même le parti du maire Tremblay est plus fragile qu'il n'y paraît, poursuit-il. C'est une organisation qui a été bien échafaudée, mais elle a ses faiblesses. »
Une campagne bénéfique
La dernière campagne a propulsé son parti au rang des incontournables. « On nous invite maintenant dans les débats organisés par les organismes, les médias nous reconnaissent et nous demandent des entrevues. »
Son exclusion lors du débat télévisé au Réseau de l'information (RDI), bien qu'il la déplore toujours, a tout de même porté ses fruits. « C'est bon d'être la victime en Amérique du Nord, avance M. Bergeron. Ça attire la sympathie des gens. »
Son projet pour Montréal, une ville qui ferait une large place au transport en commun et à une nouvelle forme d'urbanisme, fait son chemin dans l'esprit des citoyens. M. Bergeron doit convaincre la population que son projet est plus qu'une simple lubie. C'est pourquoi il explique son rêve qu'il tente de faire partager.
Richard Bergeron (Projet Montréal)
Sa vision d'une ville, construite autour d'un système de transport en commun et de ses citoyens, gagne en popularité. Lors du débat sur la culture au théâtre Corona, mardi dernier, il a lentement gagné la sympathie de l'assistance. Les citoyens présents l'ont chaudement et spontanément applaudi après l'exposé de son projet et les explications sur les moyens de le financer.
La campagne électorale 2005 pourrait bien avoir été une répétition générale pour la suivante en 2009. M. Bergeron est prêt à occuper le siège de l'opposition, un fauteuil sur lequel M. Bourque pourrait bien lever le nez. Le chef de Projet Montréal se dit prêt pour un changement de garde.