(archives)
Le dernier sondage confirme que la première chose que les électeurs demandent aux candidats à l'élection municipale de dimanche est d'attirer des entreprises et de créer des emplois.
À Saguenay, les candidats semblent avoir bien compris le message. Ainsi, le maire sortant, Jean Tremblay, mise sur les croisières, tandis que la candidate du Parti vision nouvelle, Mireille Jean, parle d'emplois de qualité pour remplacer ceux perdus aux usines Port-Alfred et Arvida.
Tout le monde s'entend toutefois pour dire que les municipalités n'ont pas vraiment les moyens d'influencer les décisions des entreprises, surtout les grandes sociétés comme Alcan et Abitibi-Consolidated.
Si les principaux candidats à la mairie de Saguenay ont bien saisi le message de la population qui veut qu'on crée des emplois dans la région, on s'entend toutefois pour dire que les vrais outils pour attirer des entreprises sont à Québec et à Ottawa.
Jean Tremblay l'a d'ailleurs appris dans le dossier de la papeterie Port-Alfred. Selon lui, les choses ne sont pas à la veille de changer: « Pensez-vous que c'est le maire de la ville qui va faire en sorte que les usines d'Alcan vont rester ouvertes? », dit-il, ajoutant qu'il s'inquiétait du silence des députés et du premier ministre sur cette question.
Selon le maire sortant, les vrais outils susceptibles d'infléchir les décisions des entreprises sont à Québec et surtout à Ottawa. Cela ne veut pas dire pour autant que les municipalités n'ont aucun rôle, soutient l'économiste Marc-Urbain Proulx, de l'Université du Québec à Chicoutimi: « S'ils (les élus municipaux) réussissent à ficeler des projets intéressants, là ils peuvent aller chercher l'appui et de l'aide des gouvernements supérieurs. C'est ce qu'on fait d'ailleurs relativement bien dans la région », dit-il.
Un des outils qui s'offrent aux municipalités pour attirer des entreprises est la qualité de leurs infrastructures, notamment les parcs industriels, de même que leur promotion industrielle. Selon l'ancien maire de Roberval, Claude Munger, si l'entreprise ne vient pas chez soi, elle aboutira chez le voisin et y paiera ses impôts fonciers: « Il y a une concurrence certaine. Elles doivent faire en sorte d'essayer d'attirer des investissements, pour que le secteur se développe », soutient-il.
Reste que la création d'emplois demeure un thème électoral très rentable. Les sondages le prouvent, et le fait qu'il s'agit souvent d'un voeu pieux ne dérange nullement les électeurs.