La culture avait un rendez-vous matinal avec les candidats à la mairie de Montréal. Gérald Tremblay, Pierre Bourque et Richard Bergeron ont défilé devant une assemblée du milieu artistique pour annoncer des réinvestissements dans le réseau de bibliothèques et dans le Conseil des arts de Montréal.
Les trois principaux candidats à l'élection municipale de la mairie de Montréal s'entendent pour réinvestir dans la culture. Les bibliothèques seront notamment ouvertes plus souvent et plus longtemps.
Le maire Tremblay, chef de l'Union des citoyens et citoyennes de l'île de Montréal (UCIM), soutient qu'il investira 2 millions de dollars dans le réseau de bibliothèques afin d'augmenter les heures d'ouverture des bibliothèques et le nombre de bibliothécaires. « Nous devons négocier avec le gouvernement fédéral pour obtenir une contribution de leur part dans ce domaine », prévient-il toutefois.
Le déclin des bibliothèques
« Nos bibliothèques ont souffert de nombreuses coupures au cours de la derrière décennie, elles sont ouvertes seulement de 24 à 32 heures par semaine », déplore le maire Tremblay. Il impute la responsabilité de ces réductions de budget à son prédécesseur à la mairie, le candidat de Vision Montréal, M. Bourque.
La situation économique était très différente entre 1994 et 2001 », rétorque M. Bourque, en promettant également de réinvestir dans ce secteur névralgique de la culture.
Il déplore toutefois que le réseau de bibliothèques ne soit toujours pas intégré, en donnant comme exemple l'existence de plusieurs cartes d'accès propres aux arrondissements. « Nous allons créer une vraie carte d'Accès Montréal qui sera unique pour l'ensemble de la ville. »
M. Bourque va plus loin en promettant de créer une carte or pour les aînés donnant accès gratuitement à tous les musées, le Biodôme et le Jardin botanique.
Vision Montréal hausserait le budget de 20 %
Le Conseil des arts recevra également plus d'argent, peu importe l'identité du prochain maire. M. Bourque a indiqué qu'il y injecterait 2 millions de dollars. « Nous augmenterons le budget du Conseil des arts de 20 %, le faisant passer de 10 à 12 millions de dollars, et ce, sans intervention politique », indique l'ancien maire de la ville. « Ce n'est pas notre place. »
Les deux principaux candidats s'entendent pour favoriser l'essor des festivals et des événements culturels spéciaux à Montréal. Les Festival des nuits d'Afrique, le Festival de Jazz et le Festival des films du monde de Montréal, notamment, sont des phares pour le rayonnement artistique de la ville, selon eux.
La culture globale de Projet Montréal
Quant à M. Bergeron, de Projet Montréal, il reproche la vision purement financière de la culture de ses deux adversaires. Il a néanmoins avancé la possibilité de doubler le budget du Conseil national des arts, pour le faire passer de 10 à 20 millions de dollars. « C'est une simple question de rattrapage par rapport aux autres grandes villes », estime M. Bergeron.
Selon lui, la conception du développement durable de la ville, prônée par son parti, inclut un large éventail de projets culturels. Le trajet du grand tramway, qui se trouve au coeur de la « renaissance » de la ville, serait jalonné de places publiques réalisées par des artistes de villes jumelées à d'autres villes du monde. « Des artistes de villes jumelles viendraient construire des places publiques sur le parcours du tramway et nos artistes feraient de même dans ces villes étrangères, poursuit M. Bergeron. Ce serait un parcours culturel inestimable. »
M. Bergeron cite l'exemple de la ville espagnole de Barcelone pour illustrer la renaissance qu'il souhaite amorcer à Montréal. « Au début des années 1980, c'était pratiquement le tiers monde à Barcelone. Aujourd'hui, la renaissance de Barcelone est le support d'une explosion culturelle. »
Une « CAM » passe-partout
Le titre de transport en commun (CAM), qui coûterait 40 $, donnerait également accès aux musées, au Biodôme et au Jardin botanique dans le Montréal de M. Bergeron.
« Le maire est très porté sur les moments magiques », avance M. Bergeron en se moquant de la recherche des grands événements de M. Tremblay. « Mais la dynamique de la place de la culture est tout autre. Elle doit être permanente, presque banale. »
Le chef de Projet Montréal estime que Montréal doit faire une place aux communautés culturelles dans le paysage urbain de la nouvelle ville de Montréal. « Toutes les communautés doivent marquer la ville de leur empreinte. Montréal est devenue leur ville. »
« Les mosquées sont tristes à Montréal, il faut permettre à toutes les communautés de participer à la diversité culturelle de la ville », précise-t-il. Selon lui, la construction de belles mosquées, selon les principes architecturaux des communautés musulmanes, contribuerait à enrichir le paysage urbain.