Mairie de Saguenay
Le gel des impôts fonciers fait partie de la plate-forme électorale de tous les candidats des principales villes de la région à l'élection municipale du 6 novembre prochain.
Certains projets se démarquent, comme le port pour bateaux d'escales à La Baie, ou la voie de contournement de l'autoroute régionale dans le secteur d'Alma. En aucun temps toutefois, il n'est question d'une hausse des impôts fonciers pour financer ces projets.
L'heure des grands projets n'est peut-être pas révolue, mais celle de l'audace fiscale semble bel et bien passée.
Les candidats à la mairie des principales villes de la région Saguenay-Lac-Saint-Jean s'entendent au moins sur un point: ils promettent tous de ne pas augmenter le fardeau fiscal des contribuables.
Le maire sortant de Saguenay, Jean Tremblay, a donné le ton depuis quatre ans avec son gel du compte de taxes. Pour le prochain mandat, il maintient le cap: « On va tout faire pour les baisser, mais le minimum qu'on vous propose est le maintien du taux de taxes », dit-il
Pour sa part, la candidate du Parti vision nouvelle, Mireille Jean, s'interroge sur les répercussions réelles du gel des impôts fonciers. Selon elle, les citoyens ont le droit de savoir s'il faut ou non continuer dans cette voie: « Si on fait des compromis et si on est en train de nous enlever des services, on a le droit de dire oui ou non. Et si on est en train de vivre au-dessus de nos moyens, je leur dirai (aux contribuables). Ils décideront, eux », affirme Mme Jean.
Entré dans les moeurs
À Alma, le gel des impôts fonciers est pour ainsi dire entré dans les moeurs de la ville, avec la nouvelle aluminerie d'Alcan. La prétendante à la mairie, Lucille Gagnon, trouve que cela ne suffit pas, et elle propose de diminuer la facture du contribuable de 4 % d'ici 2009.
Cette toute-puissance du conservatisme fiscal n'a pas échappé à ceux qui ont analysé les résultats du récent sondage Unimarketing-Le Quotidien-Radio-Canada. Richard Harvey, d'Unimarketing, en fait l'explication principale de la popularité des maires déjà en place.
Politicologue au Cégep de Jonquière, Marcel Boulay va dans le même sens: « Les gens veulent avoir du changement sans que cela coûte quelque chose et que ça ne bouge pas le compte de taxes », dit-il.
Cette tendance déteint également sur les municipalités rurales environnantes.