Face-à-face Tremblay-Bourque

Le maire sortant de Montréal et son principal adversaire se sont affrontés sur les ondes de Radio-Canada. Le pragmatisme de l'un et l'émotion de l'autre auront teinté ce seul face-à-face en français de la campagne électorale.

Gérald Tremblay (Union des citoyens et citoyennes de l'île Montréal)

Le maire sortant de la ville de Montréal, Gérald Tremblay, s'est présenté bien préparé pour son face-à-face avec Pierre Bourque à la télévision de Radio-Canada.

M. Tremblay a réussi à faire oublier son silence de 16 secondes de 2001, tandis que M. Bourque a misé sur la spontanéité pour parler aux Montréalais.

Le maire Tremblay a montré qu'il maîtrisait ses dossiers et qu'il connaissait la ville sur le bout de ses doigts, en détaillant ses diverses réalisations avec précision. L'approche de M. Bourque a été plus émotive. « Ça fait 40 ans que je me consacre à cette ville », a-t-il laissé tomber à la fin de l'exercice.

« La ville était au bord de la faillite lorsque nous l'avons prise en main », a attaqué M. Tremblay en reprochant à M. Bourque d'avoir gonflé les dépenses. « Nous avons dû travailler pendant quatre ans pour payer votre carte de crédit », a martelé à répétition M. Tremblay.

Les « nids de Bourque »

Pierre Bourque (Vision Montréal)

Le maire sortant n'a pas oublié de parler des « nids de Bourque », sa nouvelle appellation pour désigner les innombrables nids-de-poule dans les rues de Montréal. M. Tremblay a tenté d'en rejeter la responsabilité à l'ancienne administration qui a négligé les investissements dans les infrastructures, selon lui. « Vous aviez quatre ans pour régler ce problème », a répondu M. Bourque en précisant que les rues de Montréal se portaient mieux sous son administration.

Les deux candidats à la mairie ont affiché leurs différences en ce qui concerne le fonctionnement de la ville. Alors que M. Bourque a une vision centrale de Montréal avec un service universel pour l'ensemble des citoyens, M. Tremblay privilégie l'autonomie des arrondissements avec une imputabilité des élus.

M. Tremblay a reproché à son vis-à-vis d'avoir fait des compressions dans le transport en commun, ce à quoi M. Bourque a répliqué que le tarif de la carte mensuelle avait augmenté de 20 % sous la gouverne du maire Tremblay.

Les deux hommes se sont également lancé la pierre dans le dossier du logement social. Le maire sortant a indiqué avoir fait construire 10 000 unités de logement, en promettant 15 000 s'il était réélu. M. Bourque a réfuté ces chiffres en reconnaissant seulement la création de 2000 unités.

Les candidats ont également tenté de sortir quelques vieux squelettes du placard de son opposant. M. Tremblay a insisté sur l'incartade de M. Bourque en politique provinciale au sein de l'ADQ. Ce dernier a ramené sur le tapis la plate-forme électorale défusionniste du maire Tremblay aux élections de 2001.

Les promesses

S'appuyant sur le succès des Championnats du monde aquatiques de la FINA de l'été dernier, M. Tremblay a conclu en promettant:

  • d'investir 500 millions de dollars dans le réseau routier montréalais,
  • de planter 10 000 arbres,
  • de construire 15 000 unités de logement,
  • d'acheter 100 000 documents pour les bibliothèques de la ville en plus d'en augmenter les heures d'ouverture.
  • Quant à M. Bourque, il a promis de remettre de la cohérence au sein de cette ville. Il a misé sur sa personnalité et sur son approche humaine de la gestion de la ville pour rallier les citoyens. « Je suis un homme d'action. Je suis un homme simple, près du peuple, près des gens. »

    Le point de vue de Richard Bergeron

    Richard Bergeron (Projet Montréal)

    Non invité au face-à-face télévisé, le chef du jeune parti Projet Montréal, Richard Bergeron, a tout de même profité de quatre minutes pour faire valoir son point de vue. Il a reproché à MM. Tremblay et Bourque d'avoir la même vision passéiste de Montréal. « L'un est quelqu'un d'émotif et l'autre est quelqu'un de technocrate », a-t-il avancé.

    M. Bergeron propose pour Montréal la voie de la révolution du développement durable.

    Cette révolution est axée sur le transport en commun et le recul de l'importance de l'automobile dans le paysage urbain. L'objectif de M. Bergeron est de faire élire quelques conseillers.

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