Les électeurs de Blainville, sur la Rive Nord de Montréal, devront choisir entre deux visions du développement de leur ville le 6 novembre prochain. Les deux équipes qui s'y affrontent, le parti Action civique et Vrai Blainville, possèdent une vision opposée de la municipalité qui a connu une croissance fulgurante au cours des dernières années.
Le parti au pouvoir tente d'embellir le boulevard Labelle, qualifié de l'un des plus laids du Québec, alors que l'opposition souhaite un plan d'urbanisme favorisant d'autres quartiers de la ville. Deux visions du développement s'affrontent.
Blainville, dont la moyenne d'âge est de 32 ans en fait la ville la plus jeune au Québec, compte 50 000 habitants. Elle est le symbole de l'étalement urbain et de la croissance urbaine. L'artère principale, le boulevard Labelle, est reconnue pour être l'une des plus laides de la province. Une situation que le parti au pouvoir, Action civique, a tenté de modifier en faisant construire une place publique notamment ornée d'une fontaine qui a coûté, officiellement, 600 000 $.
Où investir?
Le candidat du parti au pouvoir, Daniel Ratthé, défend l'héritage de son prédécesseur en attaquant l'économie de ses adversaires. « Moi j'ai une vision, avec l'équipe en place, soutient M. Ratthé. Il faut faire de ce boulevard là quelque chose d'intéressant, ce qui nous différencie beaucoup de nos adversaires, c'est qu'ils n'ont pas cette volonté-là... Dès qu'il y a de l'argent dépensé sur le boulevard Labelle, on dit qu'il y a d'autres quartiers qui pourraient bénéficier de cet argent-là. »
Le chef du parti adverse, François Cantin, avance que d'autres problèmes sont beaucoup plus criants. « On n'a pas réglé le problème de la vitesse dans les rues et il y a des espaces verts manquants dans plusieurs secteurs. Il y a de très beaux secteurs, avec de belles maisons, qui ne disposent pas de parc pour les jeunes. L'important c'était de bâtir, bâtir, bâtir, amener de nouvelles personnes; mais les personnes qui vivent à Blainville depuis 30 ans ont été oubliées. »
Le parti Vrai Blainville, qui disposait d'un seul conseiller à la mairie, soutient que l'argent des citoyens est mal investi et reproche à l'administration sortante son manque de planification urbaine.
Le maire sortant, Pierre Gingras, a donné son appui à son dauphin Daniel Ratthé dans cette élection. Les Blainvillois auront à choisir entre la continuité après 12 ans d'administration de l'Action civique et les idées nouvelles mises de l'avant par le Vrai Blainville.