Hôtel de ville de Boisbriand
La candidate à la mairie accuse son opposant d'avoir aussi trempé dans une affaire de conflit d'intérêts qui avait provoqué la démission prématurée du maire sortant de Boisbriand.
À Boisbriand, sur la rive nord de Montréal, deux anciens conseillers du maire démissionnaire Robert Poirier s'affrontent dans le but de lui succéder à la mairie.
L'ancien maire de Boisbriand, Robert poirier
M. Poirier a dû quitter son poste, l'été dernier, à la suite d'allégations voulant qu'il ait tenté d'obtenir des avantages personnels, lors d'une négociation avec un homme d'affaires controversé de Saint-Eustache, Jean-Guy Mathers.
Sylvie Saint-Jean, candidate de Solidarité Boisbriand, le parti de l'ancien maire, reproche au chef du Ralliement des citoyens, Pierre-Marc Gendron, d'avoir lui aussi trempé dans cette affaire. Elle ajoute que M. Gendron aurait lui aussi négocié avec Jean-Guy Mathers, pour que Boisbriand cède une partie de son territoire à Saint-Eustache, où est située la carrière de l'homme d'affaires.
Elle reproche à son adversaire « de vouloir céder notre territoire à Saint-Eustache. Et on sait que M. Mathers n'aura pas besoin de permis, il va pouvoir faire ce qu'il veut avec la carrière Mathers. »
Pierre-Marc Gendron nie ces allégations et dit préférer se concentrer sur les enjeux de la campagne. Selon lui, M. Poirier « ne veut pas supporter à lui seul les erreurs qu'il a commises au cours des derniers mois. Je ne me sens pas lié aux propos qu'il tient sur ma candidature ou sur mon organisation. »
Les observateurs s'accordent donc pour dire que Boisbriand vit une curieuse campagne électorale. En effet, l'ancien maire Poirier, toujours sous le coup d'une enquête de la Sûreté du Québec, a donné son appui à Sylvie Saint-Jean, qui refuse de lui jeter le blâme.