Le débat des candidats à la mairie de Québec, diffusé à Radio-Canada jeudi soir, a été marqué par de nombreuses attaques de part et d'autre. Andrée Boucher a été la cible de prédilection de ses adversaires.
Marc Bellemare a rapporté les propos de Mme Boucher, coupures de journaux à l'appui.
L'ancien ministre libéral Marc Bellemare, candidat à la mairie de Québec, a vigoureusement attaqué ses principaux adversaires lors du débat des chefs des partis, jeudi. M. Bellemare, de Vision Québec, s'est acharné sur la grande favorite dans les sondages, Andrée Boucher, tout en écorchant régulièrement au passage le candidat du parti au pouvoir, Claude Larose.
M. Bellemare a reproché à Mme Boucher, qui se présente à titre d'indépendante, de se quereller avec les employés municipaux. « Vous n'êtes même pas élue que vous vous chicanez déjà avec le chef de police, M. Langlais (...). Vous traitez les employés de la ville d'improductifs. Comment peut-on penser offrir des services municipaux de qualité quand on est constamment en chicane avec les 5000 employés de la ville de Québec », a lancé M. Bellemare d'entrée de jeu.
Mme Boucher a essuyé le feu nourri de ses adversaires.
« Tout ce que j'ai dit, c'est que j'espérais que le chef de police soit plus présent auprès de la population, qu'il s'exprime davantage », s'est défendue Mme Boucher en tentant de minimiser l'impact de ses propos rapportés dans un quotidien québécois.
Tout en confirmant qu'elle augmenterait la dette si des investissements urgents le commandaient, elle a insisté pour assurer aux citoyens qu'il n'y aurait pas de hausse de taxes. « On peut économiser, on peut se servir d'un programme Canada-Québec-municipalité, a déclaré Mme Boucher. On peut donc aller chercher de l'argent ailleurs. »
Contre le milieu des affaires
Lui reprochant de s'être aliéné le milieu des affaires à Sainte-Foy, où elle a été mairesse pendant 15 ans, M. Bellemare a reproché à Mme Boucher de s'opposer au développement économique. « Cette femme, si elle est élue, va tuer l'industrie et tuer le développement économique de notre ville de Québec », a-t-il laissé tomber.
Claude Larose a croisé le fer avec M. Bellemare sur le financement des partis.
Interrompant ses interlocuteurs, contredisant leurs propos, M. Bellemare a attaqué tous azimuts. M. Larose, du Renouveau municipal de Québec, lui a volontiers donné la réplique. Les deux candidats ont notamment croisé le fer sur le financement respectif de leur parti politique. Ils se sont mutuellement accusés d'avoir des donateurs indésirables à la caisse de leur parti.
M. Larose, tout en tentant de répondre coup pour coup à M. Bellemare, a pris soin de décocher plusieurs flèches à Mme Boucher qui, lorsqu'épargnée par les autres candidats, tentait de se faire oublier.
Quant au quatrième candidat, Pierre-Michel Bouchard, de l'Action civique de Québec, il est demeuré peu visible, se tenant à l'écart des escarmouches.
L'indépendance de Mme Boucher
Pierre-Michel Bouchard a été quelque peu éclipsé.
MM. Bellemare, Bouchard et Larose se sont toutefois accordés pour mettre en évidence l'absence d'une équipe pour appuyer la candidature de Mme Boucher. « La cacophonie [NDLR: qui règnait au cours de ce débat], tout ce que ça démontre aux gens c'est le style de conseil municipal que ça donnerait si Mme Boucher était élue avec des conseillers de tous les partis de l'opposition », a déclaré M. Larose en tentant de faire valoir son point de vue sur le compte de taxes des citoyens de Québec.
Le débat a été animé du début à la fin. Les citoyens de Québec auront pu se faire une idée du tempérament des candidats, et plusieurs questions ont été éclaircies malgré l'animosité des échanges.