IPAC-CO2 : un rapport soulevait déjà des questions en 2011

Le reportage de Guillaume Dumont

Un rapport d'enquête comptable au sujet de la frime IPAC-CO2, qui a été déposé le 6 septembre 2011 par la firme Meyers Norris Penny, exprime de sérieuses préoccupations au sujet de la gestion d'IPAC-CO2, avant 2010.

Or, même si le conseil d'administration d'IPAC-CO2 a ce rapport en main depuis un an et demi, le président du conseil d'administration, Dennis Fitzpatrick, continue de dire qu'il n'y avait aucun problème de gestion dans l'organisme.

Le rapport révèle de possibles conflits d'intérêts et un possible gaspillage financier de plusieurs millions de dollars au sein du projet scientifique International Performance Assessment Centre for Geologic Storage of CO2 (IPAC-CO2).

Le rapport indique que le possible conflit d'intérêts aurait dû être révélé à l'université et au gouvernement, qui financent tous deux le projet. Par ailleurs, le rapport note qu'il n'y a aucune preuve que les personnes en cause ont bénéficié monétairement de leur relation avec Climate Ventures Inc. (CVI).

La province et Royal Dutch Shell ont contribué 5 millions de dollars chacun au projet scientifique IPAC-CO2, alors que le fédéral a versé 4 millions de dollars.

Le Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan réclamait ce rapport au Parti saskatchewanais depuis presque un an.

Informations préoccupantes sur le possible conflit d'intérêts

Avant 2010, IPAC-CO2 était dirigée par deux employés de l'Université de Regina, Malcolm Wilson et Ian Bailey.

Ces anciens dirigeants d'IPAC étaient aussi les directeurs fondateurs de CVI, avec Henry Jaffe,en mai 2008. CVI a obtenu le contrat pour fournir les services informatiques d'IPAC-CO2, avec une simple poignée de main.

Le rapport note que le registre de la société identifiait MM. Wilson et Bailey comme directeurs de CVI, le 27 août 2008. Puis, dans un nouveau registre qui a été déposé le 3 avril 2009, leurs titres de directeur étaient retirés rétroactivement en date du 29 août 2008.

« Il semble que M. Jaffe [le propriétaire de CVI] était dans une position opportuniste pour prendre conseil au sujet de la création d'une compagnie et de la créer lui-même », indique le rapport.

En tout, CVI a facturé à IPAC-CO2 2,9 millions de dollars en frais informatiques, soit 120 000 $ par mois.

Depuis qu'IPAC-CO2 a mis fin à cette relation d'affaires, sa facture pour les services informatiques s'élève à 10 000 $ par mois, selon la nouvelle pdg Carmen Dybwad.

Silence des protagonistes

Henry Jaffe, Ian Bailey et Malcolm Wilson n'étaient pas disponibles pour des entrevues.

M. Wilson a déclaré, par la voix de son avocat, qu'il n'y avait pas de conflit d'intérêts dans sa participation aux activités de CVI et qu'il n'avait reçu aucun « dividende, avantage financier ou revenus » de l'entreprise depuis le 29 août 2008.

L'avocat soutient que M. Wilson avait reçu 100 actions ordinaires de CVI à l'origine, mais qu'il les a cédées.

Comme IPAC a reçu des millions de dollars des fonds publics, l'histoire attire l'intérêt de politiciens.

L'opposition néo-démocrate demande que le vérificateur provincial enquête.