Prairies : les sangliers sauvages sous la loupe d'un chercheur

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Un sanglier  Photo :  PC/Université de la Saskatchewan

Un chercheur de l'Université de la Saskatchewan a entamé sa première étude scientifique sur les sangliers sauvages de la province pour contrer les dégâts causés par leur comportement destructeur.

Ryan Brook fera le recensement des sangliers de la Saskatchewan et présentera les données recueillies au gouvernement provincial en 2013 pour assurer un meilleur contrôle de ces bêtes.

M. Brook affirme que les sangliers sauvages causent des problèmes partout dans les Prairies.

« S'ils [le gouvernement provincial] ne posent pas de gestes sérieux durant les deux prochaines années, nous serons pris dans une situation, où nous tenterons simplement de gérer les sangliers et de vivre avec eux, au lieu de les éradiquer », explique M. Brook.

Sangliers captés par une caméra la nuit Sangliers captés la nuit par une caméra cachée  Photo :  PC/Université de la Saskatchewan

Le chercheur soutient qu'aux États-Unis, les sangliers sauvages causent des milliards de dollars en dommages aux récoltes et que les bêtes propagent de nombreuses maladies, comme l'E. coli, qui peuvent infecter les humains.

Pesant de 50 à 100 kilos et armés de défenses aussi coupantes que les lames d'un rasoir, les porcs sauvages sont arrivés en Amérique du Nord il y a plusieurs dizaines d'années. Leur population s'est dispersée après qu'ils se soient échappés des fermes d'élevage.

M. Brook compare les sangliers en liberté à des rats puisqu'elles mangent n'importe quoi et se reproduisent rapidement. Les femelles peuvent engendrer six pourceaux dans une portée et peuvent avoir deux portées en un an.

Les sangliers sauvages n'ont aucun prédateur connu des chercheurs et le froid ne les incommode pas. Ils ont de plus longues pattes que les porcs d'élevage, et peuvent plus facilement marcher dans la neige.

Les sangliers sont toujours élevés sur les Prairies pour leur viande. D'autres vivent sur ranchs ou ils servent de gibier pour les chasseurs.

Un problème commun dans les Prairies

Le Manitoba tente de réduire le nombre de sangliers sur son territoire depuis dix ans, indique M. Brook. Il est permis de tuer des sangliers à l'état sauvage partout dans la province.

Un chasseur et les sangliers qu'il a tués.  Photo :  PC/Université de la Saskatchewan

En Alberta, le gouvernement a mis sur pied un programme sur les sangliers sauvages en 2008. Dans le cadre de ce programme, les 13 comtés inscrits remettent une prime de 50 $ à tous ceux qui rapportent une paire d'oreilles de sangliers. Cette initiative permet de tuer de 175 à 200 sangliers par année dans la province.

Le gouvernement albertain espère adopter en 2013 un règlement qui obligerait les éleveurs de sangliers à signaler leur ferme et à respecter les exigences relatives aux clôtures installées.