Mouvement Idle No More : un autocar de Regina est en route vers Ottawa

Des gens qui appuient le mouvement Idle No More embarquent dans un autocar à Regina le 19 décembre 2012. Un autocar ayant à son bord des membres du mouvement Idle No More a quitté Regina mercredi soir. Il fera escale à Winnipeg puis à Thunder Bay, avant de s'arrêter à Ottawa vendredi.

Un autocar rempli d'opposants à la loi fédérale sur le budget et les multiples modifications à d'autres lois qu'elle apporte a quitté Regina mercredi soir, en direction d'Ottawa.

Les protestataires entendent unir leur voix au mouvement Idle No More, né en Saskatchewan. Ils dénoncent les changements faits sans consultation à la Loi sur les Indiens et ce qu'ils estiment être l'affaiblissement de la Loi sur la protection des eaux navigables.

Des arrêts sont prévus à Winnipeg au Manitoba et à Thunder Bay en Ontario pour recueillir d'autres participants.

L'autocar arrivera à Ottawa vendredi, date à laquelle plusieurs manifestations auront lieu, dans la capitale nationale et ailleurs.

Michelle-Ray McKay, avant son départ de Regina en autocar pour se rendre à Ottawa, dans le cadre du mouvement Idle No More, le 19 décembre 2012. Michelle-Ray McKay explique qu'elle a organisé un voyage en autocar vers Ottawa pour protester contre la loi fédérale omnibus sur le budget en quatre jours.

Le groupe a amassé 14 000 $ en quatre jours pour financer son voyage, selon l'organisatrice, Melissa-Rae McKay. « Certains ont donné 10 $, d'autres 20 $. Ils ont fait passer un chapeau et ont reçu 143 $ en petite monnaie. Bref, ça s'est fait une personne à la fois », a-t-elle expliqué.

L'autocar inclut une variété de protestataires presque aussi grande que la gamme de lois modifiées par la loi qui a reçu la sanction royale vendredi dernier, après s'être fait connaître comme le projet de loi C-45, ou « mammouth 2 ».

Le mouvement Idle No More s'en prend entre autres aux modifications apportées récemment à la Loi sur les Indiens et à la Loi sur la protection des eaux navigables. Dans le premier cas, les changements modifient le mode de consultation des communautés lorsque des terres de réserves sont vendues ou louées. Dans le deuxième, la protection ne s'applique plus qu'à 97 lacs et 62 rivières, alors qu'il y en a des dizaines de milliers au pays.

Le rôle mobilisateur du web 2.0

Sept jeunes font partie du lot des voyageurs. L'une d'eux, Johannah Angus, a relaté avoir rassemblé les autres adolescents grâce à Facebook et à Twitter.

D'ailleurs, cette capacité de ralliement des médias sociaux expliquerait le succès du mouvement Idle No More, selon un professeur en la matière à l'Université du Manitoba, Nigaanwewidam James Sinclair.

« Le militantisme en ligne croissant est très accessible, facile et peut atteindre des gens qui ne s'engageraient pas politiquement sinon », fait-il valoir. « Ce mouvement est dans le vent, il est cool et c'est cool de résister », résume le professeur.

Par ailleurs, Winnipeg aussi sera le théâtre d'un rassemblement vendredi, à la Fourche.

Le même jour, un groupe de manifestants en Saskatchewan entendent marcher de la réserve crie de Beardy's & Okemasis jusqu'aux limites du village avoisinant de Duck Lake, de midi à 15 heures.

Une première série de manifestations publiques ont eu lieu la semaine dernière dans le cadre du mouvement. En outre, la chef de la réserve ontarienne d'Attawapiskat, Theresa Spence, a entamé une grève de la faim pour exprimer son mécontentement, inspirant d'autres à faire de même ailleurs.