À en croire un avocat et professeur en droit, le contexte controversé dans lequel s'est développé le service Street View ne se reproduira pas avec le développement d'un nouveau service de visite virtuelle d'édifices publics par Google.
Des employés de l'entreprise de Mountain View sont actuellement à Regina en Saskatchewan pour filmer l'intérieur de certains édifices et en afficher le contenu pour les internautes.
Une vingtaine de musées et de nombreux lieux publics à travers le monde ont accepté de permettre aux caméras du géant de l'informatique de capter des images au sein de leurs murs et de rendre ces images disponibles à tous.
« Il y a toujours possibilité de s'inquiéter, mais je vous dirais que c'est beaucoup moins inquiétant, ce qui se fait présentement, que la situation avec Street View pour ce qui est des rues », a estimé Nicolas Vermeys, en entrevue à l'émission Point du jour sur la première chaîne de Radio-Canada jeudi.
Directeur adjoint du Laboratoire sur la cyberjustice à l'Université de Montréal, Me Vermeys estime que le géant californien se protège de nouvelles critiques avec le processus qu'il emploie cette fois.
« Le contexte actuel, qui s'insère dans le Google Art Project - donc cette idée qu'a Google de rendre l'art disponible - comme il est à l'intérieur d'immeubles publics, Google doit avoir l'autorisation préalable pour filmer ».
En Saskatchewan, le projet a jusqu'à maintenant inclus l'Université de Regina et un musée de la capitale.
Les accrocs avec Street View
Un véhicule utilisé pour la technologie Google Street View, au coin de l'avenue Portage et de la rue Colony, à Winnipeg.
Photo : Ralph-Bonet Sanon
Le service de cartographie Street View, qui nécessite l'arpentage des rues à l'aide d'une voiture surmontée d'une caméra, avait fait grand bruit lors de son développement et avait été critiqué par la Commissaire à la protection de la vie privée du Canada en 2011.
L'enquête lancée par la commissaire Jennifer Stoddart en juin 2010 avait mené celle-ci à conclure que Google avait enfreint la Loi canadienne sur la protection de la vie privée. Google avait apporté des corrections, dont Mme Stoddart s'était montrée prudemment satisfaite en juin 2011.
Me Vermeys a pu constater lui-même que les images de certains musées, notamment en Espagne, montraient des personnes à l'intérieur des édifices.
« Par contre, on utilise les mêmes procédés que pour Google Street View, c'est-à-dire que les visages sont camouflés, ce qui limite les risques et vient répondre aux exigences de Jennifer Stoddart », a-t-il toutefois souligné.
D'autre part, Me Vermeys rappelle que tout Canadien à un droit à l'image et qu'il peut utiliser le mécanisme que Google met à la disposition de ceux qui voudraient être retirés d'images disponibles dans Street View ou dans tout autre service.
À savoir si l'affichage sur le web de l'intérieur détaillé d'édifices publics ne risque pas de tenter les malfaiteurs, l'expert rétorque que Google n'a pas inventé les visites virtuelles et offre essentiellement ce que pourrait faire n'importe quel visiteur d'un musée ou d'édifices législatifs.