Marie-France Kenny, présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA)
Les réactions à l'annonce mercredi de la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d'abolir le Fonds pour l'amélioration de la programmation locale (FAPL) d'ici le 31 août 2014 n'ont pas tardé.
La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), Marie-France Kenny, se dit abasourdie par la décision du CRTC. Elle craint que l'offre de nouvelles télévisées offertes aux francophones ne diminue, voire qu'elle disparaisse.
Mme Kenny implore le ministre responsable de Patrimoine canadien, James Moore, de renvoyer le CRTC faire son travail, puisqu'il a ce pouvoir en tant que ministre.
La présidente de la FCFA ajoute que le ministre Moore a montré qu'il croit à la dualité linguistique et affirme que les communautés francophones ont besoin de son intervention maintenant. « Qu'on l'abolisse [le FAPL] aujourd'hui, sans se préoccuper de l'impact que cela aura sur les communautés, je ne comprends pas, et je trouve ça aberrant. »
Réaction du milieu culturel
Par ailleurs, la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF) s'insurge contre la décision du CRTC d'éliminer le FAPL.
Elle affirme, par voie de communiqué, que le CRTC n'a pas tenu compte de l'effet qu'aurait la disparition de ce fonds sur le développement des communautés franco-canadiennes et en particulier sur les artistes, artisans et travailleurs culturels des arts médiatiques et de l'industrie de la production télévisuelle.
Elle ajoute que cette décision va à l'encontre des recommandations de près de la totalité des gens qui se sont exprimés lors des audiences et fait fi des obligations du CRTC en lien avec la Loi sur les langues officielles.
« L'élimination du FAPL est une compression supplémentaire pour Radio-Canada et ceci aura un impact démesuré sur nos communautés. (...) Plusieurs initiatives bénéfiques et des partenariats structurants avec des groupes communautaires ou encore avec les producteurs indépendants franco-canadiens seront abandonnés » affirme Marie-Claude Doucet, présidente de la FCCF.
Stupéfaction à Radio-Canada
Radio-Canada/CBC affirme, par voie de communiqué, être stupéfaite de cette décision. « La télévision locale est une priorité en vertu de la Loi sur la radiodiffusion, mais cette décision suggère que ce volet n'est pas important pour le Conseil », affirme le pdg de la Société Radio-Canada (SRC), Hubert Lacroix.
Le télédiffuseur public recevait chaque année plus de 40 millions de dollars du FAPL pour améliorer le service offert aux téléspectateurs dans 20 petits marchés francophones et anglophones.
La société soutient, par voie de communiqué, que « l'abolition du Fonds porte un coup terrible aux téléspectateurs dans les petits marchés qui bénéficiaient du Fonds ».
Productions financées par le fonds FAPL dans les provinces de l'Ouest
Dans les provinces de l'Ouest, au nombre des productions qui ont été réalisées par Radio-Canada avec des fonds du FAPL en 2010-2011, figurent, entre autres :
La disparition du FAPL ne signifie pas nécessairement la disparition de ces productions, mais elle soulève des questions quant à leur avenir.