![]() VIH-sida Constat alarmant pour les femmes autochtonesMise à jour le mardi 1 décembre 2009 à 9 h 17
La Saskatchewan est aux prises avec une augmentation importante des cas de personnes infectées au virus du VIH-sida. De 2004 à 2007, le nombre de personnes déclarées séropositives a plus que doublé. La très grande majorité des personnes infectées sont de jeunes femmes autochtones ou métisses âgées de 15 à 29 ans. Bon nombre d'entre elles sont toxicomanes. Elles ont pour la plupart contracté le virus par injection. C'est le cas de Krista Shore, 27 ans. À l'instar de plusieurs jeunes femmes autochtones de sa génération, elle a vécu une bonne partie de sa jeunesse dans la rue. Krista raconte que dès l'âge de 12 ans, elle a fait ses premières expériences avec l'alcool et la drogue. Au fil des ans, elle est devenue toxicomane. « C'est comme ça que j'ai contracté le VIH », dit Krista, qui mène une vie presque normale aujourd'hui. En août dernier, le médecin en chef de la Régie de la santé de Prince Albert Parkland, dans le Nord de la Saskatchewan, a lancé un cri d'alarme. Il a déclaré que si rien n'est fait, de 15 à 30 % des Autochtones de la province pourraient mourir du sida. Des programmes inadéquats La directrice de l'organisme All Nations Hope de Regina, Margaret Akan, soutient que le problème est pire que ce dont il en a l'air puisque bien des personnes séropositives ignorent qu'elles sont infectées. Selon son expérience, les cas augmentent parce que les programmes en place sont inadéquats. Les toxicomanes ont bien d'autres préoccupations que de se rendre dans des centres de santé. Il faudrait donc, selon elle, beaucoup plus de travailleurs de rues et d'autres intervenants de premier plan pour aller à leur rencontre. Dans la province, le programme d'échange de seringues est la plupart du temps le seul contact qu'ont les toxicomanes avec des intervenants de la santé. Pourtant, lors de son dernier discours du Trône, le gouvernement saskatchewanais a annoncé son intention de réduire le nombre de seringues distribuées aux toxicomanes, notamment parce que ces derniers ne retournent pas toujours leurs seringues usagées. La médecin en chef de la province, Moira McKinnon, admet néanmoins l'efficacité de ce programme. Son département est d'ailleurs sur le point de présenter une stratégie de lutte contre le VIH-sida à l'Assemblée législative. Le programme devrait, entre autres, inclure plus d'intervenants de premier plan. Des femmes autochtones ont d'ailleurs été consultées. Margaret Akan explique que ces femmes réclament une stratégie uniquement pour elles, parce que le VIH, c'est leur réalité. Leur message ne semble cependant pas avoir été entendu. En effet, bien qu'elle comprendra des mesures pour les femmes autochtones, la stratégie gouvernementale ne leur sera pas uniquement dédiée. Or, selon Jessica Yee, qui fait de la prévention du VIH auprès de jeunes autochtones de partout au pays, la médecin en chef de la Saskatchewan fait fausse route en n'écoutant pas les recommandations des femmes autochtones. Console Audio-vidéo
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