Au bord de la faillite

vaches

Les éleveurs de bétail canadiens et les éleveurs qui s'occupent de l'engraissement sont menacés de faillite partout au pays à cause d'un système hautement intégré qui privilégie les abattoirs et le commerce de détail.

Les éleveurs de bétail touchent des prix dignes des années 40 pendant que les abattoirs dominent le marché et empochent les profits.

Telle est la principale conclusion d'un document de 32 pages publié mercredi par l'Union nationale des fermiers.

Dans son document, l'union précise que les prix versés aux éleveurs aujourd'hui sont l'équivalent de la moitié de ce qu'ils touchaient dans les années 40, 50, 60, 70 et 80, en tenant compte de la valeur du dollar et de l'inflation.

Selon les auteurs du rapport, l'entrée en vigueur de l'Accord de libre-échange avec les États-Unis en 1989 est à l'origine de cette crise que connaissent les éleveurs de bétail canadien. L'entente a ouvert les marchés des deux côtés de la frontière, mais a aussi permis aux multinationales américaines de monopoliser le marché.

Il en résulte que les abattoirs et les usines de transformation de la viande dominent le marché du boeuf au Canada. Selon les auteurs du rapport, il y a de moins en moins d'abattoirs et d'usines de transformation et ces entreprises font concurrence aux petits producteurs en exploitant leurs propres fermes d'élevage.

Le directeur de la recherche, Darrin Qualman, réclame plus de transparence de la part de l'industrie. L'Union nationale des fermiers réclame aussi qu'Ottawa adopte une loi dans le but de mieux répartir les profits entre les éleveurs et les propriétaires des abattoirs et des usines de transformation.

Situation catastrophique

La situation est catastrophique pour les éleveurs qui n'arrivent même pas à vendre leur bétail lorsqu'ils veulent abandonner l'élevage du boeuf. C'est le cas de Bernard Gaudet, un éleveur de bovins de Bellevue, une communauté située à une centaine de kilomètres au nord de Saskatoon.

Monsieur Gaudet a tenté de vendre ses 70 vaches la semaine dernière. Le prix qu'on lui offrait était tellement bas qu'il n'a pas eu le choix que de les garder. « Il va falloir aller quêter pour pouvoir les garder cet hiver », dit-il.