L'annulation du projet de la Onzième chute soulève la colère au Lac-Saint-Jean

La Onzième chute de la rivière Mistassini La Onzième chute de la rivière Mistassini

La décision de la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, d'annuler six projets de centrales hydroélectriques, dont celui de la Onzième chute de la rivière Mistassini, suscite la colère des élus du nord du Lac-Saint-Jean.

La minicentrale devait générer des bénéfices nets de 80 millions de dollars sur 20 ans pour les membres des municipalités régionales de comté (MRC) Domaine-du-Roy et Maria-Chapdelaine.

Le maire de Notre-Dame-de-Lorette, Daniel Tremblay, comptait sur d'importantes redevances pour le développement de sa municipalité, où devait être construit le barrage. « À 70 000 $ de recettes par année pendant plusieurs années, on pensait que cela nous permettrait de se sortir du trou », dit-il.

La MRC Maria-Chapdelaine misait sur les recettes de la minicentrale pour construire un pont sur la rivière Mistassini afin de stimuler son économie forestière.

Le préfet Jean-Pierre Boivin exige des compensations financières de la part du gouvernement. « C'est certain qu'on va demander le remboursement de ces sommes-là et on va demander des compensations financières pour l'argent qui ne retombera pas dans le milieu », souligne-t-il.

La mairesse de Girardville est choquée par la décision du gouvernement Marois. Le projet devait procurer des revenus substantiels à Girardville pour son développement local.

Jeanne Savard déplore que la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, ait annulé le projet de la Onzième chute sans tenir compte de l'avis des élus municipaux. « Ce sont les gouvernements qui nous ont demandé de faire des projets communautaires pour se prendre en main et ce matin, on se fait dire non, ça n'a pas de bon sens votre affaire et on annule tout ça. Je suis démontée », dit-elle.

Réaction du député de Roberval

Le député de Roberval et adjoint parlementaire à la ministre des Ressources naturelles, Denis Trottier, défend la décision de son gouvernement.

Québec a justifié cette décision en faisant valoir les surplus énergétiques, qui empêchent la rentabilité des minicentales de moins de 50 mégawatts.

« Il faut être conscient qu'à partir du moment où il y a des surplus extrêmement importants, c'est normal qu'il y ait des gens qui se questionnent pour savoir si on va continuer de produire de l'énergie, surtout si ça coûte plus cher que ce qu'on peut le vendre. » — Denis Trottier, député de Roberval

Le député soutient que le projet controversé du site de Val-Jalbert se concrétisera, puisqu'on a déjà octroyé pour 30 millions de dollars de contrats.

Il admet cependant que la mauvaise publicité entourant le projet a pu faire pencher la balance contre les minicentrales.

« On a dit des affaires là-dedans assez fausses qui ont fait en sorte que c'est devenu un projet catastrophique, pire qu'un problème nucléaire, croit le député de Roberval. Je pense qu'on a grossi le problème et qu'il faut rasseoir les gens à la même table. »

« Ce qui est choquant là-dedans, c'est que tous ceux qui sont opposés contre n'ont jamais demandé à ceux qui étaient pour quel était leur avis. On est parti comme une chasse à la sorcière et moi je n'accepte pas ça », ajoute Denis Trottier.

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