Le mouvement Idle no more atteint Mashteuiatsh

Une trentaine de manifestants à Mashteuiatsh Une trentaine de manifestants à Mashteuiatsh  Photo :  Olivier Bouchard-Lamontagne

Une trentaine d'Innus de Mashteuiatsh ont manifesté, vendredi, pour les droits des Premières Nations, dans la foulée du mouvement Idle no more, expression qu'on pourrait traduire par « La passivité, c'est fini ».

Le 21 décembre, jour du solstice d'hiver, des tambours ont résonné partout au pays pour faire entendre les revendications des Autochtones.

Les artistes et militants Sonia Robertson et Mikael Paul sont à l'origine de la tenue de la manifestation dans la communauté autochtone du Lac-Saint-Jean.

Mme Robertson explique qu'il s'agit d'une décision spontanée, sans plan d'ensemble, qui vise à mobiliser sa communauté contre les répercussions négatives des politiques du gouvernement Harper sur les Premières Nations.

Elle a comparé le mouvement Idle no more et le rassemblement spontané à Mashteuiatsh au mouvement Occupy Wall Street. Elle ajoute qu'il vise à changer l'ordre des choses en faveur de la reconnaissance des droits territoriaux et de l'autonomie des autochtones.

L'un des manifestants de Mashteuiatsh a dénoncé le resserrement des lois qui, selon lui, brime les droits territoriaux des autochtones du Lac-Saint-Jean. « On a juste des miettes, déplore-t-il. Le plus gros, c'est le gouvernement qui empoche et les territoires, c'est nous autres qui en perdons. Anciennement les territoires on pouvait monter n'importe quand. Maintenant, il faut demander la permission au conseil de bande ou au gouvernement pour monter parce que nous n'avons plus le droit d'y aller sans permission. »

Manifestation du mouvement Idle no more à Ottawa le 21 décembre Manifestation du mouvement Idle no more à Ottawa le 21 décembre

Le mouvement s'est créé en octobre dernier, à l'instigation de quatre femmes de la Saskatchewan, au moment du dépôt du projet C-45 par le gouvernement fédéral. Le projet de loi de plus de 400 pages, maintenant adopté, modifie une panoplie de lois et de règlements.

Les femmes ont organisé des marches et des rassemblements pour protester entre autres contre les modifications à la Loi sur les Indiens et à la Loi sur la protection des eaux navigables.

Dans le premier cas, les changements modifient le mode de consultation des communautés lorsque des terres de réserves sont vendues ou louées. Dans le deuxième, la protection ne s'applique qu'à 97 lacs et 62 rivières, alors qu'il y en a des dizaines de milliers au pays. Les Autochtones considèrent qu'ils auraient dû être consultés sur ces lois qui touchent leurs territoires.