Affaire Benhabib : Jean Tremblay en colère contre Gérard Bouchard

Le maire de Saguenay, Jean Tremblay Le maire de Saguenay, Jean Tremblay

Le maire de Saguenay est furieux contre l'historien et sociologue Gérard Bouchard, qui l'a accusé de faire preuve d'intégrisme religieux lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle, dimanche.

M. Bouchard réagissait pour la première fois à la controverse soulevée en août dernier, en pleine campagne électorale, par la candidate péquiste de la circonscription de Trois-Rivières, Djemila Benhabib. Jean Tremblay était outré que Mme Benhabib se soit prononcée sur la présence du crucifix à l'Assemblée nationale alors qu'il était incapable lui, de prononcer son nom.

Ses propos, qui avaient fait le tour du Québec, représentent un exemple à éviter, selon Gérard Bouchard.

« C'est des gens qui, au nom de la foi catholique, d'une conception de la foi catholique qui est extrémiste au fond, qui est intégriste, affirme M. Bouchard. Justement ce qu'il reproche aux autres, lui-même il le pratique. »

« Le maire Tremblay, c'est exactement ce qu'il faudrait éviter au Québec. » — Gérard Bouchard, sociologue

En colère, le maire de Saguenay se défend de faire preuve d'intégrisme. Il ajoute qu'il a des convictions et insiste sur sa foi en Dieu, qui est « même la base de sa vie ».

« Moi, je pense qu'il est allé à l'école trop longtemps. Non là, je ne sais pas en quoi je suis un intégriste. » — Jean Tremblay, maire de Saguenay

« C'est ça des mous, c'est ça que j'appelle des mous, précise Jean Tremblay en réagissant aux propos de Gérard Bouchard. Excusez-moi de vous le dire, mais c'est exactement ça. »

Gérard Bouchard

Prière à l'hôtel de ville

Par ailleurs, l'ex-président de la commission Bouchard Taylor croit que le combat de la prière à l'hôtel de ville de Saguenay va trop loin.

Gérard Bouchard déplore que le maire Tremblay s'accroche à sa position, même après avoir perdu sa bataille devant le Tribunal des droits de la personne.

« Si la Cour d'appel rejette sa demande, il va aller en Cour suprême, si la Cour suprême la rejette, je ne sais pas où il va aller, mais il va sûrement faire quelque chose. Là on est devant une forme d'intégrisme », explique M. Bouchard.