Des maires du Québec réclament une aide de 750 millions $ pour l'industrie forestière

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
L'Assemblée nationale du Québec L'Assemblée nationale du Québec

La délégation de maires du Québec qui s'est rendue à l'Assemblée nationale, mercredi, pour alerter le gouvernement quant à l'urgence d'intervenir pour sauver les emplois menacés par la crise forestière sort déçue de sa rencontre avec le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac.

M. Gignac a rappelé aux élus des municipalités touchées par la crise forestière son intention de présenter une stratégie forestière en mai. Il a également indiqué que le prochain budget du ministre des Finances, attendu à la fin mars, pourrait réserver de bonnes surprises à cette industrie.

Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux Le président de la Fédération québécoise des municipalités, Bernard Généreux

Le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Bernard Généreux, craint toutefois que la stratégie gouvernementale n'arrive trop tard. Il mentionne que Québec devait d'abord dévoiler cette stratégie l'automne dernier.

M. Généreux souligne que l'industrie forestière représente plusieurs milliards de dollars au Québec et déplore que les fermetures d'usines dans ce secteur soient souvent traitées comme des faits divers.

« On a la perception que c'est une industrie secondaire, de moindre importance, alors qu'elle est au coeur du développement économique de nos régions et de tout le Québec », ajoute le président de la FQM.

L'industrie forestière réclame 750 millions $ de Québec

L'industrie forestière réclame de l'État québécois 750 millions de dollars pour se sortir de la crise d'ici cinq ans.

Les élus présents à Québec évaluent à 150 millions de dollars par année, au cours des cinq prochaines années, le soutien financier qui serait nécessaire pour relancer ce secteur d'activité.

L'industrie doit se restructurer et se moderniser, mais se retrouve à court des liquidités requises, faute d'appui des banques.

« Ce qu'on veut entendre, c'est l'affirmation qu'il y a au Québec un avenir forestier et que le gouvernement entend déployer des moyens importants pour accompagner non seulement, la modernisation de cette industrie, mais aussi sa relance. » — Bernard Généreux, président de la FQM
Depuis 2005, plus de 21 000 emplois de ce secteur ont été perdus au Québec, alors que les mises à pied et les fermetures d'usines se succèdent d'une région à l'autre.

Lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, Jean Charest a laissé entendre qu'il adoptera une nouvelle politique d'aide pour les communautés touchées par la crise forestière.

Il répondait ainsi à la chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, qui a déploré que le gouvernement ne fasse rien, alors que l'industrie a perdu 60 000 emplois et que 300 usines ont fermé depuis une dizaine d'années.

« On a, dans l'industrie de la forêt, des gens passionnés, qui veulent continuer de vivre de la forêt, comme ça se fait depuis 100 ans au Québec. Le gouvernement n'a pas été au rendez-vous. Que propose-t-il concrètement? » — Pauline Marois, chef du Parti québécois

De son côté, le premier ministre Jean Charest a répondu qu'il a notamment participé à la relance d'usines, comme celle de Thurso et de Lebel-sur-Quévillon.

M. Charest a également affirmé que son gouvernement a dû resserrer les approvisionnements forestiers des entreprises parce que, selon lui, le Parti québécois a laissé l'industrie couper trop de bois lorsqu'il était au pouvoir.

« Contrairement à la chef de l'opposition officielle, on n'ira pas tordre les faits pour essayer de défendre ses intérêts partisans. Et notre priorité, c'est l'économie et l'emploi, ce n'est pas les études sur la souveraineté. » — Le premier ministre Jean Charest

De son côté, le ministre des Ressources naturelles, Clément Gignac, a indiqué qu'il attend un rapport sur les meilleures façons d'aider l'industrie d'ici deux semaines. Il parle de relancer l'industrie grâce à l'innovation.

En complément