Les employés de Rio Tinto Alcan, en lock-out depuis le 1er janvier, devant les locaux du syndicat, à Alma.
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Bruno Maltais
Le conflit de travail à l'aluminerie Alma de Rio Tinto Alcan a des échos en Europe, où le comité d'entreprise européen de Rio Tinto réclame la reprise immédiate des négociations, rompues depuis le 30 décembre.
Le comité, qui compte 25 représentants de travailleurs venant de différentes installations de Rio Tinto, a adressé une lettre au chef de la direction de l'entreprise, Tom Albanese.
Le groupe tient au moins deux rencontres par année pour discuter avec Rio Tinto de sujets transnationaux comme l'emploi, la rémunération et l'avenir des usines.
La secrétaire du comité européen d'entreprise de Rio Tinto, Véronique Roche, souligne que les installations de Rio Tinto, et principalement les alumineries, connaissent de durs moments depuis dix ans.
Elle note qu'en 2003, Péchiney a été achetée par Alcan, puis Alcan par Rio Tinto en 2007.
« Quand ils sont arrivés, on devait être 17 000 salariés en Europe, précise Mme Roche. Pour Noël, on était presque 4400. Donc, on a perdu plus de 10 000 salariés. »
La secrétaire du comité européen d'entreprise de Rio Tinto mentionne aussi que la sous-traitance existe en Europe, mais prend la forme d'employés embauchés par le biais d'entreprises d'intérimaires.
Ces entreprises prennent de plus en plus de place dans les usines, selon Véronique Roche. « Il y a eu beaucoup de restructuration ces dernières années dans les usines et il arrive des moments où il n'y a pas suffisamment de salariés en interne pour faire la production, déplore-t-elle. Sur certains sites, c'est tellement récurrent que certaines organisations syndicales interdisent l'accès de ces intérimaires. »
Le comité d'entreprise européen de Rio Tinto prévoit d'autres sorties pour appuyer les employés en lock-out de l'aluminerie Alma.
La prochaine intervention pourrait avoir lieu dès jeudi, au moment où Rio Tinto fera connaître ses résultats financiers pour 2011. Véronique Roche y voit une occasion de rappeler à l'entreprise qu'elle doit la plus forte partie ses profits à ses employés.