Usine Kénogami : Clément Gignac lance un ultimatum

Le ministre Clément Gignac

Le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Clément Gignac, se dit fortement indisposé par la décision de Produits forestiers Résolu (PFR) de fermer la machine à papier numéro 6 de l'usine Kénogami.

Dans une entrevue accordée à la Presse Canadienne, M. Gignac a donné jusqu'à jeudi à la papetière pour annoncer de nouveaux investissements au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Qu'on m'annonce la fermeture définitive d'une machine à l'aube du renouvellement (de droits hydrauliques), sans me donner un plan de match précis avec un engagement ferme et un échéancier précis d'investissements ou de réouverture de machines ou d'usines au Saguenay-Lac-Saint-Jean, je trouve ça inacceptable. » — Clément Gignac

Les droits hydrauliques qui permettent à PFR d'exploiter des centrales sur la rivière Shipshaw expirent le 31 décembre. L'entreprise doit promettre d'investir au moins 350 millions de dollars au Saguenay-Lac-Saint-Jean d'ici 2022 pour en obtenir le renouvellement. Aucun engagement n'a été pris jusqu'à maintenant.

Le ministre des Ressources naturelles et de la Faune affirme par ailleurs que toutes les options seront étudiées.

La fermeture de la machine numéro 6 fera perdre leur emploi à quelque 125 travailleurs. L'effectif de l'usine passera donc de 344 à 219 personnes.

L'action de Produits forestiers Résolu a clôturé à 15,26 $ lundi, en baisse de 0,5 % à la Bourse de Toronto.

Des travailleurs de l'usine Kénogami de Produits forestiers Résolu Des travailleurs de l'usine Kénogami de Produits forestiers Résolu.

Les travailleurs toujours sous le choc

Vingt-quatre heures après l'annonce de la fermeture de la machine numéro 6, les dirigeants syndicaux et des élus ont convoqué la presse pour faire le point.

Les travailleurs sont très en colère et ne comprennent pas la décision de Produits forestiers Résolu. Ils dénoncent notamment le fait que le président-directeur général de l'entreprise ait refusé d'envisager d'autres solutions que la fermeture.

Papetier depuis 28 ans, Régis Duchesne vit sa deuxième fermeture d'usine. Il était employé de l'usine Port-Alfred avant de trouver un autre emploi à l'usine Kénogami.

« C'est la fin du monde. Il y a une porte qui est là et on ne peut plus la franchir. Je peux vous dire par expérience que la première chose qu'un travailleur ressent quand il perd son emploi, c'est d'être humilié. » — Régis Duchesne, papetier

Les travailleurs mis à pied vont recevoir leur salaire durant les 12 prochaines semaines, parce que l'entreprise n'a pas donné le préavis requis par le Code du travail du Québec.

Privilèges hydrauliques

Présents au point de presse, le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, et le représentant de la FTQ au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jean-Marc Crevier, ont réclamé que le ministre des Ressources naturelles exige des investissements structurants à l'usine Kénogami pour consentir à renouveler le bail de la rivière Shipshaw.

M. Crevier croit que sans ces investissements, le gouvernement devrait retirer ses privilèges à l'entreprise. « Le ministre, à l'heure actuelle, n'a pas d'autre choix que de prendre les barrages et de les leur enlever pour les donner au plus offrant », soutient-il.

Le représentant de la FTQ ajoute que d'autres compagnies pourraient créer des emplois avec des produits plus innovateurs en mettant la main sur les barrages.