Le maire de Saguenay, Jean Tremblay
Le maire de Saguenay, Jean Tremblay, portera en appel le jugement rendu vendredi dernier par le Tribunal des droits de la personne, qui interdit la récitation de la prière avant les séances du conseil municipal et qui demande le retrait des symboles religieux de l'hôtel de ville.
En conférence de presse mercredi matin, le maire Tremblay s'est dit profondément déçu de la décision qui condamne la Ville à payer 30 000 $ à Alain Simoneau et au Mouvement laïque québécois. Il affirme que les élus de Saguenay ne peuvent faire autrement que de soumettre le jugement aux instances supérieures parce qu'il aura des répercussions partout.
La Ville de Saguenay ne paiera pas les frais juridiques pour appeler du jugement du Tribunal des droits de la personne. Il invite les citoyens à faire des dons pour défendre le droit de la Ville à réciter la prière durant les assemblées du conseil municipal.
Saguenay a déjà dépensé près de 60 000 $ en frais juridiques et pour les expertises.
Le maire Jean Tremblay a indiqué que les élus de Saguenay allaient continuer de réciter la prière aux prochaines assemblées publiques.
Réaction du Mouvement laïque du Québec
L'avocat du Mouvement laïque du Québec, Luc Alarie, n'est pas étonné de la décision du maire de Saguenay. Il rappelle que le jugement de la juge Michèle Pauzé ne constitue pas un précédent, mais réaffirme le caractère de neutralité que doit avoir un conseil municipal. Me Alarie souligne également que Jean Tremblay fait preuve d'entêtement en portant le dossier en appel.
Pour sa part, la présidente du Mouvement laïque québécois, Marie-Michelle Poisson, se dit prête à poursuivre les démarches en vue de faire interdire la prière à Saguenay. Elle contredit cependant le maire qui affirme qu'il est le premier à subir un tel jugement. « Qu'un maire est empêché de faire sa prière, il ne faut pas chercher très loin au Québec, rappelle-t-elle. Il y avait un précédent et c'était à Laval en 2006. »
L'appel aux donateurs entendu
Depuis la présentation de la conférence de presse mercredi matin, les appels téléphoniques et les courriers électroniques se multiplient à l'hôtel de ville de Saguenay. Des téléphonistes ont même dû être ajoutées pour répondre aux citoyens de Saguenay et de l'extérieur de la région qui veulent financer la contestation du jugement du Tribunal des droits de la personne.