L'évêque du diocèse de Chicoutimi, Mgr André Rivest, se dit profondément déçu de la décision du Tribunal des droits de la personne au sujet de la prière et des symboles religieux.
Le maire de Saguenay, Jean Tremblay
Le 11 février dernier, le Tribunal des droits de la personne a ordonné au conseil municipal de Saguenay de ne plus réciter la prière avant les séances publiques et de retirer les symboles religieux de l'hôtel de ville.
Mgr Rivest rappelle qu'il a appuyé le maire Jean Tremblay dans sa lutte contre le Mouvement laïque québécois et Alain Simoneau.
L'évêque du diocèse de Chicoutimi considère que le tribunal est allé trop loin en obligeant le retrait des symboles religieux comme le crucifix. Selon lui, la croix s'inscrit dans l'histoire des Québécois francophones. « On ne reconnaît pas ce patrimoine religieux de notre population qui nous identifie comme peuple dans ce qu'il a de plus profond », souligne Mgr Rivest.
Il déplore également que les chartes des droits créent un déséquilibre entre les droits de groupes particuliers et ceux de la majorité.
Le théologien Marc Girard craint pour sa part les conséquences du jugement. Professeur émérite à l'Université du Québec à Chicoutimi, l'abbé Girard affirme que c'est la place de la religion catholique dans notre société qui est remise en question. Il ajoute que le Québec est devenu un endroit unique au monde où la laïcité est poussée à un extrême que l'on ne retrouve nulle part ailleurs.
Le milieu municipal est partagé
Le président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Éric Forest, partage le point de vue de l'évêque du diocèse de Chicoutimi. « Qui est-ce que ça dérange qu'on ait un crucifix dans la salle du conseil », demande-t-il?
De son côté, le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Bernard Généreux, est très heureux du jugement du Tribunal des droits de la personne parce qu'il croit que la religion n'a pas sa place dans la sphère politique.