Yves Bolduc lui aussi sous la loupe

Le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc Le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc (archives)

L'ancien directeur des services professionnels de l'hôpital d'Alma, devenu ministre de la Santé, Yves Bolduc, est à son tour montré du doigt à l'Assemblée nationale dans les dossiers d'éthique.

Le ministre de la Santé a tardé pour produire la déclaration de ses biens au gouvernement ainsi que pour mettre en fiducie sa participation dans une clinique privée.

Le ministre Bolduc n'a pas respecté le délai imposé aux membres du Conseil exécutif pour produire leur déclaration d'intérêts, dans laquelle ils déclinent ce qu'ils possèdent afin d'éviter les conflits d'intérêts.

La règle veut qu'un ministre ait 60 jours à partir de sa nomination pour produire sa déclaration. Celle d'Yves Bolduc est datée du 1er mai 2009, alors qu'il a été assermenté comme ministre de la Santé le 25 juin 2008.

Le ministre possède la compagnie Yves Bolduc consultants et a des intérêts dans la polyclinique d'Alma. Dans sa déclaration d'intérêts, il dit que sa compagnie a cessé ses travaux actifs au moment de sa nomination, en juin 2008. M. Bolduc a cependant attendu le jour de sa déclaration d'intérêts, soit le 1er mai dernier, pour confier sa participation dans la clinique privée à une fiducie sans droit de regard.

Au bureau du premier ministre, on a d'abord nié le retard, pour ensuite expliquer que le cas de M. Bolduc était particulièrement complexe. Pourtant, un ministre comme Pierre Arcand, plusieurs fois millionnaire, n'a mis que deux mois à régulariser sa situation.

« Il faut tricoter en quelque sorte autour de ça. Prendre le temps de faire des arrangements. C'est ce que le conseil exécutif fait quand il reçoit l'information sur les conflits d'intérêts », affirme le premier ministre Jean Charest.

Le chef parlementaire du Parti québécois, Stéphane Bédard, déclare quant à lui que le cas du ministre démontre que Jean Charest fait fi de ses propres règles.

« Pendant 10 mois de temps, il y a quelqu'un qui ne se conformait pas aux règles et il n'a pas agi, comme il n'avait pas agi dans le cas de Couillard auparavant. Le bar est ouvert pour tout le monde. Les gens font ce qu'ils veulent et comme ils veulent », dit-il.

Au début de mars, pour une troisième fois en cinq ans, le premier ministre Jean Charest a changé les règles concernant les conflits d'intérêts. Selon la nouvelle règle, il jugera lui-même des mesures que prendront ses ministres pour éviter les conflits d'intérêts. De plus, ces derniers ne sont plus tenus de se départir des entreprises dont ils sont propriétaires, même quand elles font affaire avec l'État.

Le PQ souhaite un retour aux règles de 2003, selon lesquelles un ministre qui possède une entreprise faisant affaire avec l'État doit se départir de ses actions dans les 60 jours suivants sa nomination.