Le rapport Pronovost
Le président de l'Union des producteurs agricoles de la région, André Fortin, se dit inquiet du rapport de la Commission Pronovost sur l'avenir de l'agriculture au Québec. Les représentants régionaux de l'UPA apprécient peu la remise en question de la Loi sur la protection du territoire agricole.
La publication mardi du rapport de la commission Pronovost sur l'avenir de l'agriculture suscite plus de déception que d'enthousiasme parmi les décideurs de la région.
De plus, la proposition de mettre fin au monopole de l'UPA soulève la colère des dirigeants du syndicat qui vont jusqu'à mettre en doute les compétences des commissaires. « Il faut être très spécialisé pour jouer là-dedans. Tu ne peux pas travailler dans ces dossiers là sans avoir beaucoup de connaissances des dossiers », estime le président André Fortin.
Comme ses homologues de l'UPA, André Fortin semble sourd à toutes les autres recommandations du rapport Pronovost qui propose des changements majeurs pour assurer l'avenir de l'agriculture. La commission recommande par exemple d'abolir l'utilisation des antibiotiques et des pesticides en agriculture. Ces propositions font sourire les agriculteurs biologiques comme Patrick Déry de La Baie : « Pour moi, c'est un peu comme un retour dans le passé, parce c'est des choses qu'on demandait il y a quand de cela près de 7 ans », dit-il.
De leur côté, les élus sont déçus du rapport Pronovost qui ajoute des contraintes aux municipalités en ce qui concerne la protection des territoires agricoles. Le président de la Fédération des municipalités du Québec, Bernard Généreux, aurait souhaité, au contraire, plus de souplesse : « Qu'on puisse dans certains cas se soustraire de l'obligation mur à mur qui est souvent imposée par la loi sur le zonage agricole. »
Le ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard, s'est engagé à donner suite aux recommandations du rapport dans le cadre d'une politique d'ensemble de l'agriculture.