Frictions en vue

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Un affrontement se dessine entre le monde syndical et l'industrie forestière lors du Sommet sur l'avenir du secteur forestier québécois qui débute lundi soir à Québec. La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) déplore l'attitude de l'industrie qui utiliserait la crise actuelle pour faire des gains exagérés aux yeux des travailleurs.

Le président de la FTQ doute de l'issue du sommet et déplore l'attitude de l'industrie forestière qui utiliserait la crise actuelle pour faire des gains exagérés.

Pendant que le Conseil de l'industrie forestière parle de 20 000 emplois perdus en cinq ans, AbitibiBowater réclame des concessions de la part des travailleurs en préparation d'une deuxième phase de fermeture. Le vice-président du Syndicat des communications, de l'énergie et du papier de la FTQ, Renaud Gagné, accuse les entreprises de monter les travailleurs les uns contre les autres. « On leur fait à croire à l'un, si tu me donnes telle ou telle condition, baisse ton salaire, donne ton régime de retraite, on va te rouvrir puis vous allez avoir du travail. Puis, on s'en va à l'usine à côté puis on demande la même chose », soulève M. Gagné.

La FTQ admet que pour traverser la crise actuelle et tenir compte des réductions d'approvisionnement en bois, il faudra fermer d'autres scieries et usines à papier. Elle propose d'offrir des programmes de départ à la retraite pour les plus âgés et de rappeler les travailleurs des usines fusionnées par ancienneté.

Michel Arsenault, président de la FTQ Michel Arsenault, président de la FTQ

À plus long terme, les syndiqués réclament l'instauration d'une certification forestière unique pour protéger la forêt, une certification qui plaira aux écologistes. Mais là encore, ils accusent les entreprises de nuire à cet objectif.

Le président de la FTQ, Michel Arsenault, doute de l'issue de ce sommet sur la forêt dont l'objectif est précisément d'établir des consensus à court et à long terme. « La manière dont je vois ça, je pense qu'on va accoucher d'une souris au sommet », dit-il.

Les écologistes doivent aussi livrer leurs attentes sur ce sommet qui se poursuit jusqu'à mercredi.