Mgr Rivest mal à l'aise

Mgr André Rivest Mgr André Rivest

L'évêque du diocèse de Chicoutimi désapprouve la messe qui a été célébrée dimanche soir dans l'église Christ-Roi, à Saguenay, en faveur du maintien de la prière à l'hôtel de ville de Saguenay.

L'évêque du diocèse de Chicoutimi désapprouve la messe qui a été célébrée dimanche soir dans la paroisse Christ-Roi, à Saguenay, en faveur du maintien de la prière à l'hôtel de ville de Saguenay.

Mgr André Rivest tient d'abord à faire une mise au point sur le porte-parole de la pastorale Jacques Tremblay, qui s'est exprimé publiquement dans ce dossier au nom de l'Église. Le prélat rappelle qu'il ne s'agit pas vraiment d'un agent de pastorale: « C'est quelqu'un qui est en probation. Il n'a aucun droit ou de pouvoir de se placer comme délégué de l'Église. »

L'évêque de Chicoutimi affirme qu'il n'a rien à voir avec l'organisation de la messe et estime que le moment est mal choisi dans le contexte du débat sur les accommodements raisonnables. « Ça demeure une opinion qui peut être discutable et discutée. C'est pour ça que je ne suis pas à l'aise avec le moyen d'une eucharistie pour porter ça dans le choeur de Dieu. On n'est pas maître des interprétations et ça peut prêter flanc à une interprétation d'un appui politique au maire Jean Tremblay », affirme Mgr Rivest.

Même si Mgr Rivest est mal à l'aise avec le geste, il se prononce toutefois clairement pour le maintien de la prière avant les séances du conseil municipal de Saguenay. La majorité a des droits, dit-il, surtout que plus de 95 % des citoyens de Saguenay déclarent être catholiques.

Dimanche soir

Lors de la messe de dimanche soir, quelque 250 fidèles ont voulu démontrer leur soutien au maintien de la prière lors des séances du conseil municipal.

Cette cérémonie intervient après que le maire de Saguenay, Jean Tremblay, eut présenté un mémoire devant la commission Bouchard-Taylor, jeudi, dans lequel il demande de redonner sa place à la religion dans l'espace public.

L'équipe pastorale de la paroisse Sacré-Coeur souhaite non seulement qu'il y ait prière à l'hôtel de ville, mais aussi que la religion catholique reprenne sa place dans les institutions publiques, comme les écoles, les hôpitaux, le Parlement et même les entreprises.

« Ce n'est pas pour rien qu'on fait cette célébration dans l'église du Christ-Roi: c'est que le Christ est roi, et il doit régner dans tous les secteurs de l'activité humaine, et ça comprend le secteur politique, le secteur social, le secteur économique, tous les secteurs doivent être sous la seigneurie du Christ. » — Jacques Tremblay, agent de pastorale, à la paroisse Sacré-Coeur, initiateur de la cérémonie
Jacques Tremblay Jacques Tremblay

Le comité pastoral précise toutefois que son geste ne constituait pas un appui politique au maire Jean Tremblay.

Celui-ci, qui était présent à la messe, a néanmoins affirmé apprécier l'initiative: « Je trouve ça bien que l'Église s'implique aussi. Je n'ai pas à porter, seul, le poids de l'Église, il faut que les membres du clergé s'impliquent également, ainsi que les gens qui ont la foi. »

Le maire Tremblay a tenu à ajouter que l'événement n'avait pas été planifié.