Les deux derniers militant sont libérés

Des militants de Greenpeace accrochés au câble d'un navire marchand au port de Grande Anse Des militants de Greenpeace accrochés au câble d'un navire marchand au port de Grande Anse

Deux des huit activistes de Greenpeace qui ont bloqué vendredi un navire de pâte de papier au port de Grande Anse, dans l'arrondissement de La Baie, à Saguenay, ont été libérés lundi, après avoir payé une caution de 5000 $ chacun.

Les six autres activistes, qui ont bloqué vendredi un navire de pâte de papier au port de Grande Anse, à Saguenay, ont été relâchés vendredi.

Thierry Leclerc, 37 ans, un Français qui détient aussi la nationalité canadienne, et l'Argentin Pablo Rody, 29 ans, ont passé la fin de semaine en prison, le temps que les autorités vérifient leurs identités. Les six autres militants arrêtés, tous Québécois, avaient été relâchés immédiatement après leur interrogatoire vendredi.

Les huit individus sont tous accusés de méfaits de plus de 5000 $, pour avoir empêché la jouissance d'un bien, ainsi que pour avoir inscrit des graffitis sur le navire marchand. Tous comparaîtront le 27 novembre. Pour le moment, Greenpeace ne fait pas l'objet d'accusation.

Les huit activistes voulaient empêcher le départ d'un chargement d'une cargaison de pâte de papier fabriquée à l'usine SFK de Saint-Félicien et destinée à l'Angleterre. En août, SFK avait déjà été visée par Greenpeace lors de la sortie de son rapport sur la destruction de la forêt boréale.

Les trois militants qui étaient suspendus depuis vendredi matin au câble qui relie le navire de cargaison au quai ont dû être détachés, puis menottés, par des policiers montés dans une nacelle de camion de pompier. Les cinq autres activistes arrêtés avaient quant à eux accroché leur bateau Zodiac au navire. Aucun des individus n'a opposé de résistance aux policiers.

Le transport des marchandises du port a repris son cours normal peu après les arrestations, en fin d'après-midi vendredi.

Les bateaux Zodiac de Greenpeace au port de Grande Anse Les bateaux Zodiac de Greenpeace au port de Grande Anse

Jeudi, les autorités du port de Grande Anse ont refusé au bateau des écologistes, l'Arctic Sunrise, l'autorisation d'accoster. Greenpeace aurait alors demandé l'assistance d'un pilote maritime pour remonter le fjord pendant la nuit. Au large de Grande Anse, deux bateaux Zodiac ont quitté l'Arctic Sunrise vendredi matin à 7 h pour se diriger vers le port.

Au courant du coup d'éclat à venir, un groupe d'une trentaine de travailleurs forestiers du Haut-du-Lac-Saint-Jean s'est rendu au port de Grande Anse vendredi matin. Les travailleurs voulaient se faire entendre par Greenpeace, mais ont quitté peu après 12 h, voyant que la discussion ne pourrait pas être possible. Selon eux, le portrait de la situation forestière dépeint par le groupe écologiste relève du passé. « La sylviculture est là, on plante des arbres. C'est notre avenir à nous aussi », indique un travailleur.

Les travailleurs ont pu discuter avec le maire de Saguenay, Jean Tremblay, qui semble exaspéré de la campagne que Greenpeace a lancée contre l'industrie forestière.

« Là ils charrient. J'espère que leurs cordes sont pas trop solides et s'ils tombent à l'eau qu'ils vont avoir le temps de se rafraîchir. Parce que tant qu'à moi, c'est pas moi qui va aller les chercher. Alors là, je trouve que c'est assez. Qu'ils s'en aillent chez eux. S'ils veulent faire un show, qu'ils aillent en faire ailleurs. Et chez eux j'aimerais ça savoir quelle est leur adresse. Est-ce que c'est les États-Unis ou si c'est l'Europe? Ils viennent d'où ces gens-là? » s'est exclamé Jean Tremblay.